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« Au coin de la table » avec Philippe Lüscher: le philanthrope des arts de la scène genevoise

20 août | 3:55

« Au coin de la table » avec Philippe Lüscher: le philanthrope des arts de la scène genevoise

Comédien, metteur en scène, auteur, professeur d’art dramatique au Conservatoire populaire de Genève, anciennement à la tête des théâtres de l’Orangerie et du Grütli, Philippe Lüscher devient directeur artistique des « Maisons Mainou » en 2008 : un projet culturel qui a pour mission de promouvoir les auteurs dramatiques de théâtre et les compositeurs de musique pour la scène. Il nous parle ici de ses diverses passions : de l’art du monologue, des « mises en lecture » des résidents de la Fondation, en passant par ses coups de cœur poétiques, engagés et cosmopolites.

Habité par les mots de Primo Levi

Quand on sort du récit de « la Trêve », interprété dernièrement à Genève par Philippe Lüscher, monologue décrivant les longs mois de chaos et d’errance qui ont suivi la libération de Primo Levi et de ses compagnons italiens du camp d’extermination d’Auschwitz, le spectateur est littéralement porté « là où menaient les rails », grâce à la sobriété et à la retenue du comédien qui réussit à s’effacer devant la parole digne, lucide et sans haine du survivant.

 » Pourtant, je ne me revendique pas en tant que comédien, précise Philippe Lüscher, j’ai plutôt développé l’art du monologue poétique grâce à Richard Vachoux, c’est lui qui m’a donné ce virus dans les années 1990 et qui m’a suggéré d’apprendre le texte par cœur, ce qui donne une liberté et une respiration différente au contenu. »

Il espère vivement pouvoir diffuser ce spectacle dans les écoles romandes en cette année particulière des septante ans de libération des camps: « C’est une véritable aubaine pour les élèves d’assister à une leçon d’histoire sur laquelle on peut rebondir et qu’il faut absolument replacer dans son contexte, sans faire d’amalgame avec l’actualité ! »

Les trois vocations des « Maisons Mainou »

La comédienne Germaine Tournier avait souhaité, avant sa mort, léguer aux artistes un lieu de résidence calme et propice à l’écriture : sa propre maison familiale située à Vandoeuvres.

« En effet, explique Philippe Lüscher « les Maisons Mainou » issues de la Fondation Johnny Aubert-Tournier, reçoivent sur candidature depuis1996, des auteurs dramatiques, des traducteurs d’œuvres théâtrales ou des compositeurs de musique destinée à la scène, dans un cadre idyllique et inspirant, loin des sollicitations extérieures pour une session de résidence qui dure d’une semaine à trois mois selon la nature du projet. Cet isolement favorise la création tout en permettant des rencontres avec des responsables culturels qui pourraient être intéressés par leurs écrits et déclencher l’intérêt d’un programmateur lors des «  mises en lecture » organisées à la fin des sessions dans un théâtre genevois. Il s’agit d’une présentation publique de leurs oeuvres qui ont été, soit rédigées, soit traduites dans nos Maisons et qui seront lues par des comédiens. C’est une sorte de mise en vitrine de nos activités qui représente beaucoup pour les dramaturges : ils entendent leurs textes et bénéficient ainsi de la réaction des spectateurs ! »

Stages d’écriture et cafés littéraires

Les Maisons Mainou proposent également des ateliers d’écriture permettant à des auteurs de tous horizons de venir travailler leurs textes et de bénéficier d’une aide pédagogique d’un auteur aguerri qui peut les conseiller s’ils sont en panne d’inspiration « car c’est une technique et un métier d’apprendre l’écriture d’une pièce, entre les personnages, les thèmes et autres intrigues. » appuie Philippe Lüscher.

En outre, des cafés littéraires sont organisés une fois par mois à Vandoeuvres depuis 2013.

« Il s’agit d’un moment convivial avec le public qui a pour but  principalement de faire connaître des auteurs et des écrivains de la région. A cette occasion, des extraits de leurs livres sont lus et commentés. Cette année, je souhaite aussi faire partager les écrits du poète syrien Faraj Bayrakdar, libéré en 2000 des geôles de Hassad grâce à un comité de soutien international, en proposant une lecture de ses poèmes déclamés en arabe avec une traduction simultanée de la spécialiste de la littérature syrienne moderne, Claude Krul.

« Quand il est sorti de prison raconte Philippe Lüscher, Faraj Bayrakdar est venu remercier les personnes qui l’ont soutenu et notamment au théâtre du Grütli lorsque j’étais directeur. Depuis, exilé en Suède, j’espère du fond du coeur qu’il aura la possibilité de venir à ce prochain café littéraire spécial qui se déroulera fin mars » conclut-il.

La création artistique et le théâtre n’ont, en effet, pas de frontière dans l’esprit de Philippe Lüscher…

« Mises en lecture » le samedi 28 février 2015 au théâtre du Galpon dès 11 heures, entrée libre. Renseignements : www.maisonsmainou.ch »

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Date :
20 août 2019
Heure :
3:55
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