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Carouge en 1816 : de Napoléon à la Confédération

30 mars | 6:13

Carouge en 1816 :  de Napoléon à la Confédération

Deux cents ans plus tard, le souvenir de Napoléon plane encore à Carouge… Les « Couronnes impériales » (Fritillaria imperialis) ont levé fièrement leurs collerettes vers le ciel, alors que la réfection du Pont-Neuf « bâti par Napoléon » débute de grands travaux. Et le 11 mai, Guillaume Chenevière, magnifique conférencier,  historien, ancien directeur du Théâtre de Carouge (entre autres belles fonctions), parlera de « Comment Carouge devint suisse ? » dans la salle des Aîné-e-s, 18 boulevard des Promenades, à 17 h 30. Pour mieux saisir la complexité de la situation en 1816, quelques questions préliminaires à Guillaume Chenevière :

– En 1792, à l’apogée de son essor (4672 habitants, de nombreux projets de constructions en chantier), une armée française pénètre à Carouge et y proclame la république. Carouge, sarde, devient française, la Ville royale passe à un régime républicain. Quelles conséquences ?

– Carouge accueille la Révolution  française avec enthousiasme. Le pouvoir de Turin n’était pas populaire. Mais la satisfaction ne dure pas.  Une terrible crise économique, puis un conflit avec l’Eglise empoisonnent l’atmosphère. La frontière rétablie avec Genève (le régime précédent l’avait supprimée pour favoriser l’essor de Carouge) n’arrange pas les choses.  C’est de ce moment-là que date une véritable inimitié avec Genève, qui mène sa propre révolution et s’en sort moins mal que sa petite voisine.

– Les Carougeois ont bien apprécié Napoléon. Pourquoi ?

– Sous l’Empire, l’église catholique retrouve sa place prépondérante  (même Genève doit accepter la messe) et la situation économique s’améliore. Pour la première fois, des industries s’installent à Carouge, profitant du grand marché protégé par le blocus napoléonien et un pont solide se construit.

– Pourquoi les Carougeois ne sont-ils pas satisfaits du rattachement de leur ville au Canton de Genève et à la Confédération ?

– Ce que les Carougeois regrettent, c’est l’Empire. Mais depuis Waterloo, un retour de  Napoléon n’est plus possible. Même un rattachement au Royaume de France restauré, qui aurait pu offrir un marché aux industries carougeoises nées sous l’Empire, est désormais exclu. Entre Turin ou la Confédération, deux options ni l’une ni l’autre bien enthousiasmantes, Carouge n’a pas eu le choix et a dû se résigner au sort que les puissances ont décidé pour elle.

– Alors que se passe-t-il le 24 octobre 1816, quand les autorités genevoises prennent officiellement possession des communes réunies ?

– Le 24 octobre, tout se passe assez bien. Les délégués de la Confédération et du nouveau canton  accueillent les maires des 25 communes sardes « réunies »  et défilent dans Carouge devant une foule curieuse et courtoise. C’est la veille, le 23, que l’officier piémontais, qui devait remettre en quelque sorte les clefs aux Suisses,  se défile à l’aube avec ses troupes, en sorte que le nouveau pouvoir se retrouve le bec dans l’eau. La légende a embelli ce souvenir le transformant en acte de rébellion.

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Date :
30 mars 2020
Heure :
6:13
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