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50. Une année de rétrospective de l’Atelier d’Animation (2)

50. Une année de rétrospective de l’Atelier d’Animation (2)

« L’Atelier d’Animation, c’est la cerise sur le gâteau. Ici, vous oubliez tout ! » confiait à la Tribune de Genève (08.07.2013) Evelyne, une ancienne patiente. « L’Atelier nous sort du monde hospitalier. On y lit les journaux, on fait des jeux, des rencontres, des sorties. Cela nous déconnecte complètement de la maladie » rajoutait Marie-Christine, une autre patiente. « Un lieu où l’on peut se ressourcer et retrouver des moments calmes, hors du brouhaha qui envahit notre être tout au long de notre quotidien hospitalier » nous confiait également Paul, 80 ans.

D’ailleurs un classeur contenant nombre de lettres de patients, ou même de familles ou visites, regorgeait de témoignages, mots d’encouragement ou d’impressions vécues grâce aux activités de l’animation. S’ils étaient tous publiés sous forme d’articles, je pourrais tenir à nouveau une rubrique durant une année dans Signé Genève ! Je me contenterai cependant de ne vous en exposer ici que quelques extraits… Des messages parfois poignants, mais aussi beaucoup de gratitude pour ces divertissements bienvenus ponctuant le séjour des personnes hospitalisées ; nous avons bien souvent retransmis ces manifestations de reconnaissance aux différents acteurs qui apportaient leur contribution à nos prestations socioculturelles, qu’il s’agisse des artistes, musiciens, bénévoles, stagiaires sociaux et même des sponsors, donateurs ou soutiens divers.

Certains patients enthousiastes s’exprimaient aussi directement en envoyant leur courrier à la Direction de l’hôpital. Généralement, on nous faisait suivre des copies de ces témoignages :

« J’ai beaucoup apprécié les moments d’évasion passés grâce à l’Atelier d’Animation, la bonne ambiance apportée lors des jeux ou concerts organisés pour les malades. Que c’est bon de pouvoir sortir de sa chambre et se retrouver un moment dans la vie de tous les jours ». Georges M.

Et aussi : « Permettez-moi de vous présenter mes compliments les plus distingués pour la qualité des spectacles, les contacts avec les artistes, les instants si agréables qu’on m’a accordés (…) tout cela a eu le privilège de faire oublier quelque peu les douleurs ». Robert C.

« Ma mère a complètement ‘zappé’ ses douleurs et ses plaintes habituelles quand je suis venue la voir après le spectacle (…) merci beaucoup aux animateurs de lui avoir offert un peu de fantaisie. Ruth F.

Sans vouloir s’enorgueillir de ces déclarations flatteuses reçues fréquemment, tous les propos recueillis nous démontraient bien que l’animation a sa place dans un établissement hospitalier, en complément aux thérapies et les soins. Bien que les professionnels aient comme objectif commun le rétablissement relatif du patient, il ne faut pas uniquement privilégier les compétences techniques des médecins et des thérapeutes et délaisser les compétences relationnelles d’autres intervenants à l’hôpital : loin d’être une perte de temps, les activités et la fonction d’un centre de loisirs intégré à l’institution est un véritable soutien pour les patient. Il leur insuffle quotidiennement une certaine énergie, les aide à trouver la force de se battre pour affronter la maladie, dévie quelque peu l’attention de la douleur et de la souffrance. C’est une contribution indéniable au processus de guérison ou d’amélioration de l’état physique et psychique d’êtres humains atteints dans leur santé :

« J’ai fait un séjour de quatre mois dans cet hôpital et c’était un vrai plaisir que de participer aux animations et sorties organisées par les sympathiques animateurs, toujours entourés de charmantes dames bénévoles : lotos, films, concerts dans le parc, spectacles, brocantes, sorties intéressantes et divertissantes (…) pendant ces bons moments, on oubliait tout notre mal-être et pensait qu’aux joies de la vie ». Janine B. (Tribune de Genève du 24.06.2015)

Différentes citations démontrent que l’action de l’animation socioculturelle en milieu hospitalier « facilite aussi la remise sur pied des patients en leur évitant de longues heures d’ennui. De même, elle permet de métamorphoser l’hôpital en lieu de vie, de sorte qu’il cesse d’être uniquement un lieu de souffrance, de thérapies ardues ou de traitements astreignants, une salle d’attente en vue d’un placement, un simple lieu de rémission, ou pire encore, une antichambre d’une mort prochaine ». Par ailleurs « la médecine s’est de plus en plus retrouvée, au fil du temps, à devoir s’occuper de patients relevant prioritairement de l’intervention sociale, existentielle, voire économique. Ce phénomène de médicalisation des problèmes sociaux est à l’heure actuelle encore en pleine expansion et ne semble pas prêt à s’arrêter (…) Trouver des réponses médicales aux problèmes quotidiens est une résultante actuelle, les soins modernes spécialisés se retrouvent d’ailleurs bien souvent désarmés face aux besoins de cette nouvelle population qui recourt à ses services. Passant d’un spécialiste à l’autre, les patients se voient très souvent baladés dans le système de soins, aboutir parfois chez le psychiatre, voire même couramment hospitalisés.

La conception de l’animation, telle qu’elle était proposée à Beau-Séjour, permettait justement aux personnes hospitalisées de découvrir ou retrouver le goût aux loisirs et au échanges sociaux, repérer leurs centres d’intérêt, mettre en évidence ou révéler des aptitudes ou des qualités « mises en veille », se sentir valorisés et reprendre une place dans la société. Une action bien pensée qui pouvait s’apparenter à une « alternative aux antidépresseurs » et un autre moyen d’aider les malades « sociaux », comme tous les autres d’ailleurs, à reprendre en mains les rênes de leur vie. Un meilleur moral retrouvé pouvait également permettre de raccourcir la durée d’hospitalisation.

« Votre travail a été d’une importance capitale pour les patients et soignants qui en gardent certainement la trace d’une chaleur humaine et d’un grand réconfort ». Michèle L.

« Je ne peux que vous remerciez très sincèrement pour tout ce que vous avez déployé dans cet espace si important pour le bien-être des patients. Les stages offerts dans ce lieu ont toujours été de très bonne qualité, et nous vous en remercions sincèrement. C’est une belle transmission du métier que vous avez offert à nos étudiant(e)s ». Joëlle LIBOIS Directrice haute école de travail social HES-SO Genève

*** Retrouvez tous mes articles « rétrospective sur les belles années de l’Atelier d’Animation » en cliquant sur le lien en dessous des images. Si vous êtes intéressé par mon livre « L’Atelier d’Animation ou comment offrir un ‘supplément d’âme aux patients hospitalisés » qui retrace 23 ans d’animation à Beau-Séjour, laissez un message dans l’espace prévu ci-dessous ***

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Photo du profil de Jean-Pierre TAUXE
Décorateur de premier métier ; une expérience d'une année dans les coulisses du Cirque Knie pour écrire un premier livre ; formation d'éducateur sport et loisirs pour personnes en situation de handicap ou en difficulté d’adaptation, puis de maître socio-professionnel à l'EESP de Lausanne.

Il reprend plus tard la responsabilité de l'Atelier d'Animation à l’Hôpital Beau-Séjour. En août 2013, il partait en préretraite après 23 ans de "bons et loyaux services". L’Atelier qu'il animait, cher aux patients hospitalisés qui bénéficiaient ainsi d'instants de loisirs et de moments de répit bénéfiques à leur moral, a été maintenu à 50% durant une année après son départ. Menacé de fermeture à cause de "projets institutionnels" et mesures d'économies aux HUG, ce centre a pourtant disparu en juillet 2014, avec le départ du second animateur à temps partiel. Les premiers articles de cette rubrique (numérotés) abordent le sujet.

Jean-Pierre Tauxe a alors publié un autre ouvrage, qui retrace ses deux décennies à la tête de l'espace de loisirs de Beau-Séjour : rétrospective d'événements exceptionnels, organisations socioculturelles originales, récits et anecdotes et également nombre de témoignages de patients.

Ce livre peut être commandé en laissant les cordonnées sur le site http://jean-pierretauxe.wixsite.com/atelierdanimation, rubrique en bas de page "Plus d'Info". Titre : "l'Atelier d'Animation ou comment offrir un 'supplément d'âme' aux patients séjournant à l'hôpital". 180 pages, 58 illustrations en couleur, format 14,9 x 21,1, broché, 24.- Frs + 4.- Frs de frais d'envoi pour 1 exemplaire.

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