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BAKKER jardinerie en faillite ? Encore une grande enseigne qui disparaît !

Le tout "dernier" catalogue de Bakker Retrouver les noms des fleurs grâce aux belles images découpées dans le catalogue Bakker Le catalogue de Bakker en l'an 2000 Adieu bégonias, dahlias, lys et autres rosiers par correspondance... Adieu bégonias, dahlias, lys et autres rosiers par correspondance... Minis tomates cerises en pot, idéales pour un petit balcon Adieu bégonias, dahlias, lys et autres rosiers par correspondance... Adieu bégonias, dahlias, lys et autres rosiers par correspondance... A l'Atelier d'Animation de Beau-Séjour, on semait des graines de tomates-cerises de chez Bakker, avec les patients
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A l'Atelier d'Animation de Beau-Séjour, on semait des graines de tomates-cerises de chez Bakker, avec les patients

Pourquoi j’en parle dans cette rubrique ? Parce que de nombreuses genevoises et de nombreux genevois – entre autres – sont dans le désarroi depuis ce printemps. En effet, qui ne connaît pas le fameux catalogue illustré que l’on reçoit dans sa boîte à lettre à chaque saison, et qui annonce que « le plaisir de jardiner commence ici » ? Car depuis le début de l’année, c’est silence radio : les jardiniers amateurs qui embellissaient comme de coutume leurs balcons, leurs terrasses ou leurs rebords de fenêtres, comme tous ceux qui participaient notamment au concours des plus beaux balcons fleuris (voir mon article du 3 mai dernier), seront bien déçus. S’ils attendent toujours les plantes ou les fleurs qu’ils ont commandées par internet ou par courrier postal chez Bakker, leurs variétés nouvelles ou originales ne seront pas au rendez-vous, comme les années précédentes !

Bien des personnes s’inquiètent en effet de ne pas avoir réceptionné leur marchandise demandée, comme de n’obtenir aucune réponse ni à leurs mails « de détresse », ni à leurs courriers insistants, ni à leurs appels téléphoniques où un message tourne en boucle : « Pour des raisons indépendantes de notre volonté, notre service clientèle n’est pas joignable actuellement. Veuillez renouveler votre appel ultérieurement… ». Quand ? A la Saint-Glinglin ? Car si la maison de vente de plantes par correspondance est en liquidation judiciaire, c’est certainement peine perdue d’attendre une réponse de sa part. Pourtant son site internet est toujours actif et on peut toujours réaliser les démarches pour passer commande ; à part qu’il ne faut s’attendre à rien du tout (pour l’instant) quand on valide l’opération, même si une note indique pourtant : « Vous allez recevoir d’ici quelques instants un mail de confirmation de votre commande »… !

C’est d’ailleurs assez surprenant que personne ne soit au courant de ce qui se passe réellement avec Bakker. En tous cas, à ma connaissance, aucun article de presse, aucun avis officiel, aucun message d’information aux nombreux clients en Suisse : le « minimum » qui aurait dû être effectué pour des jardiniers de tout poil, qui sont en effet habitués à cette organisation depuis au moins quarante ans (comme moi) et même davantage. Après de nombreuses recherches, je trouve enfin une brève notification, mais sur un site français, qui mentionne : « La jardinerie en ligne Bakker.com ne repoussera pas au printemps ! Comme sa maison mère néerlandaise, en faillite depuis quelques semaines, la filiale française du site d’articles de jardinerie Bakker.com a été placée en liquidation judiciaire. Elle était basée à Toufflers ».

Qu’en est-il de toutes les autres filiales situées dans une bonne partie de l’Europe ? Car Bakker dessert également de fidèles clients en Belgique, au Luxembourg, en France, en Italie, en Autriche, en Tchéquie, en Allemagne, au Danemark, en Suède, en Norvège, en Angleterre, en Irlande, en Pologne, en Bulgarie, et naturellement aux Pays-Bas.
Par déduction, on imagine donc que la filiale basée à Sankt-Margrethen dans le canton de Saint-Gall est également concernée. Mais ils pourraient au moins le dire, par respect pour tous ceux qui ont été assidus à la marque depuis fort longtemps. Cela ne fait-il donc pas partie de la procédure en cas de faillite ?

C’est en effet toute une époque qui fout le camp ! Le catalogue illustré – comme la suite qu’on donnait à sa consultation – était une véritable institution depuis les années 70 : dans de nombreux foyers, c’était toute la famille qui se réjouissait de feuilleter la magnifique brochure, presque un temps comme l’almanach du Messager boiteux ! On pouvait ainsi aisément, confortablement installé chez soi, imaginer ses bacs à fleurs à la belle saison, ou faire un plan de son jardin potager grâce à toutes ces photos de beaux légumes qui donnaient envie. Je me souviens que dans certaines maisonnettes de jardins familiaux, au Bois-des-Frères à l’époque puis à Plan-les-Ouates, il y avait toujours une brochure Bakker (comme Willemse au départ, puis il y a eu fusion des deux enseignes sœurs) qui trônait sur la table.

Même à l’hôpital Beau-Séjour, du temps de son Atelier d’Animation, les patients qui le fréquentaient imaginaient – grâce au magazine floral – les compositions et les arrangements futurs à réaliser dans les bacs et les caissettes qui garnissaient les rebords de fenêtres du Pavillon Louis XVI, alors que des graines de minis-plants de tomates cerises avaient déjà germé dans des pots au centre de loisirs. Par ailleurs, les belles images de fleurs ont souvent été utilisées par les animateurs pour faire des jeux, concours et animations ludiques avec les personnes hospitalisées.

Et quel plaisir ensuite de recevoir le fameux colis par la poste ! Quelle impatience pour chacun d’entre nous de déballer le précieux paquet et de découvrir son contenu ; vérifier que tout soit en bon état ; faire tremper les rosiers ou arbustes à racines nues en attendant la plantation ; aligner les plantons ou les bulbes en prévoyant le parterre ou les carreaux à réaliser dans son jardin ; enfin examiner le cadeau souvent offert aux bons clients en guise de remerciements. Sans parler des palpitants concours associés, dotés de prix alléchants : tout cela est-il désormais vraiment fini ?

Bien sûr, certains diront qu’il y a un peu partout des jardineries spécialisées et des Garden-Center à Genève et dans ses environs, c’est d’ailleurs peut-être ces centres qui ont précipité le déclin de Bakker AG. Mais croyez-moi, par expérience, rien ne vaut le fait de feuilleter à loisir un magazine richement illustré de fleurs bien colorées, d’arbustes et buissons aux feuillages verdoyants, ou de bulbes printaniers qui vont illuminer nos pelouses lorsque les beaux jours sont de retour après l’hiver. C’est encore plus convivial lorsqu’on le fait à plusieurs, toutes générations confondues : le journal passe de mains en mains, avec des commentaires ou des exclamations devant la beauté des images parfaitement mises en scène. Rien à voir en effet avec une consultation statique sur internet, ou alors si on le fait, c’est parce que l’on pare au plus pressant…

Alors voilà, une page se tourne, encore une. Oui, il y a de quoi être nostalgique, car la disparition de Bakker – si elle est vraiment effective – risque bien d’en perturber plus d’un, désorganiser peut-être ceux qui planifiaient intelligemment leurs plantations et leurs semis, depuis leur domicile, tranquillement, au lieu de déambuler et se faire bousculer dans une jardinerie noire de monde. Peut-être aussi que parmi les lecteurs, certains pourront nous fournir davantage d’explications sur cette faillite annoncée, ou du moins réagir s’ils sont également affectés par cette nouvelle ?

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Photo du profil de Jean-Pierre TAUXE
Décorateur de premier métier ; une expérience d'une année dans les coulisses du Cirque Knie pour écrire un premier livre ; formation d'éducateur sport et loisirs pour personnes handicapées ou en difficulté d’adaptation, puis de maître socio-professionnel à l'EESP de Lausanne.

Il reprend plus tard la responsabilité de l'Atelier d'Animation à l’Hôpital Beau-Séjour. En août 2013, il partait en préretraite après 23 ans de "bons et loyaux services". L’Atelier qu'il animait, cher aux patients hospitalisés qui bénéficiaient ainsi d'instants de loisirs et de moments de répit bénéfiques à leur moral, a été maintenu à 50% durant une année après son départ. Menacé de fermeture à cause de projets institutionnels et mesures d'économies aux HUG, ce centre a pourtant disparu en juillet 2014, avec le départ du second animateur à temps partiel. Les premiers articles de cette rubrique (numérotés) abordent le sujet.

Jean-Pierre Tauxe a alors publié un autre ouvrage, qui retrace ses deux décennies à la tête de l'espace de loisirs de Beau-Séjour : rétrospective d'événements exceptionnels, organisations socioculturelles originales, récits et anecdotes et également nombre de témoignages de patients.

Ce livre peut être commandé en laissant les cordonnées sur le site http://jean-pierretauxe.wixsite.com/atelierdanimation, rubrique en bas de page "Plus d'Info". Titre : "l'Atelier d'Animation ou comment offrir un 'supplément d'âme' aux patients séjournant à l'hôpital". 180 pages, 58 illustrations en couleur, format 14,9 x 21,1, broché, 24.- Frs + 4.- Frs de frais d'envoi pour 1 exemplaire.

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