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Balcons et terrasses à Genève : pas toujours l’harmonie !

Un balcon bien bien encombré... Balcons dépotoirs Des armoires et des rangements sur la terrasse Encore des armoires... Magnifique bac fleuri sur une terrasse La vigne pousse jusque contre le balcon Nombreuses plantes en pot On se protège du soleil Simple mais coloré Tout petit et pourtant agréable Un petit air méditerranéen Une glycine qui grimpe contre la balustrade Un petit coin de paradis
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Des armoires et des rangements sur la terrasse

En effet, lorsqu’on déambule en ville et qu’on dirige son regard en hauteur pour admirer certaines façades d’immeubles, on aperçoit parfois de magnifiques arrangements sur des balcons ou des terrasses qui donnent sur la rue : certains habitants semblent avoir à cœur de contribuer à l’embellissement et le fleurissement de la cité, grâce aux plantes et aux fleurs qu’ils cultivent avec goût devant leurs fenêtres.

Cependant tout n’est pas qu’harmonie, j’ai pu le constater lors de ma balade à travers la cité pour réaliser mes observations. Une dame d’un certain âge – pourtant très classe – intriguée par mon attitude devant les devantures d’immeubles, m’interpelle pour savoir ce que je suis en train de faire. Je lui réponds que j’examine les balcons et leurs aménagements, en vue d’un article sur ‘Signé Genève’. Elle m’interrompt alors en disant : « arrêtez, y’a un d’ces bordels »… !

Effectivement, dans l’idéal un balcon devrait rester un balcon et non ressembler à un dépotoir ni à une remise : donc les rollers, les vélos, les vieux trucs dont on ne sait plus que faire mais qu’on ne veut pas jeter, on leur trouve une autre place.

Je pense alors que le monde est vraiment mal fait. Nombre de personnes, coincées entre leurs quatre murs, rêvent d’avoir un balcon ou une terrasse, un petit coin de nature à leur portée pour pouvoir en bénéficier à la belle saison ; installer table et chaises de jardin pour y prendre l’apéro ou les repas ; se prélasser confortablement installé au fond d’une chaise-longue sous un parasol ; cultiver des herbes aromatiques ou même planter quelques légumes, tomates et poivrons, en plus de l’herbe à chat.

D’autres ont pourtant la chance de posséder cet espace additionnel mais ne l’exploitent pas de la même manière, ou alors ils l’utilisent comme un réduit supplémentaire ou, comme je le disais, un dépotoir. J’ai comptabilisé nombre de sacs poubelles, cartons de déménagement, frigos rouillés, étagères défraîchies par la pluie et les intempéries, skis, snowboards et même une planche à voile… sans parler des antennes paraboliques. On voit malheureusement de tout !

Un balcon, surtout bien fleuri, ça peut ressembler à un petit coin de paradis : un micro-jardin que l’on bichonne et dont on profite, même depuis l’intérieur. Comme cette famille voisine – nombreuse – qui profite tout l’été d’un bel espace bien aménagé, notamment pour prendre les repas en commun : parasols et tentures, toiles cirées colorées sur les tables, nombreuses fleurs en pots et plantes aromatiques, jouets d’enfants. Un véritable havre de gaieté. A part quand la cadette fait de la planche à roulettes ou joue avec un ballon de basket sur les dalles de la terrasse, le dimanche matin, au lieu de descendre dans le square : une animation peu appréciée du voisinage !

J’ai vu certains balcons vraiment mignons, avec de nombreuses cultures bien adaptées aux petites surfaces. En plus des fleurs et des plantes vertes, j’ai remarqué parfois des grimpantes : rosiers, vigne vierge ou même ce qui m’a semblé être des glycines, mais qui fleuriront plutôt à mi-mai. Ce sont certainement les mêmes habitants motivés qui, en décembre, prennent aussi beaucoup de soin pour arranger ces lieux avec des décorations de Noël et des guirlandes lumineuses.

Les balcons encombrés sont d’ailleurs de véritables plaies : Il est vrai que certains immeubles ont plutôt triste mine, et incitent peut-être certains locataires à être négligents avec leur balcon. Mais d’autres maisons, souvent anciennes, ont des façades magnifiques, parfois les barrières sont en fer forgé ou en forme de colonnes et l’ensemble est très attrayant. Il est donc regrettable que ces terrasses en pagaille s’y accrochent comme des verrues.

Je suis étonné de voir que les règlements d’immeuble ne sont pas plus explicites, car il me semble qu’un balcon qui donne sur la rue, avec un vis-à-vis et des voisins, fait pratiquement partie du domaine public. Donc il peut être de nature à nuire à l’apparence extérieure du bâtiment. Certains ne pourraient-ils pas alors penser à une mauvaise gestion du bien confié à la régie qui en est responsable, ou alors même d’un certain laisser-aller du propriétaire ? Où est passée la tradition légendaire d’une Suisse propre en ordre ?

Le balcon est peut-être aussi une sorte de vitrine de ce qui se passe à l’intérieur de l’appartement : serait-ce un indicateur d’un possible isolement social, une vie dans le désordre permanent, un déni de la réalité, voire une dépression ou solitude patente, comme chez cet autre voisin, qui lui, accumule les bouteilles d’alcool vides sur sa terrasse ? Pire encore, les locataires qui sont atteints du syndrome de Diogène (trouble pathologique rendant certaines personnes incapables de jeter, alors qu’elles amassent pendant des années des objets inutiles) vont peut-être entasser tout leur « chenit » jusqu’à la balustrade ?

Chaque année des feux de balcons mobilisent les pompiers, le dernier date du mois de janvier, dans le quartier de la Jonction : cigarette mal éteinte, tombée dans un amas de cartons ou de papier, de caissettes en bois ? Vu l’ampleur de certains de ces incendies, on imagine que les flammes trouvent aisément tout le combustible nécessaire pour se propager, parfois même jusqu’à l’appartement.

Dans les années 70, un concours des balcons fleuris avait été lancé en ville de Genève : il me semble qu’aujourd’hui, cette traditionnelle compétition soit plutôt perpétuée par les communes et les collectivités locales plutôt qu’en ville. Lorsque j’habitais dans le quartier des Eaux-Vives, j’y avais d’ailleurs moi-même contribué à plusieurs reprises : c’était très impressionnant de voir les participants rivaliser en créations les plus diversifiées pour embellir leurs terrasses et même leurs rebords de fenêtres. Il n’y avait pas que les traditionnels géraniums qui ornaient les barrières : pétunias, pélargoniums, œillets et fuchsias retombants, conifères nains, parmi tant d’autres, donnaient beaucoup de cachet aux immeubles grâce à ces espaces colorés et vivants.

En fin d’année, la distribution annuelle des récompenses suivie d’un apéritif constituait une soirée coutumière très conviviale, où les autorités également conviées manifestaient beaucoup de reconnaissance et d’encouragement, tant aux participants et jardiniers amateurs qu’aux organisateurs de cette sympathique initiative.

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Photo du profil de Jean-Pierre TAUXE
Décorateur de premier métier ; une expérience d'une année dans les coulisses du Cirque Knie pour écrire un premier livre ; formation d'éducateur sport et loisirs pour personnes handicapées ou en difficulté d’adaptation, puis de maître socio-professionnel à l'EESP de Lausanne.

Il reprend plus tard la responsabilité de l'Atelier d'Animation à l’Hôpital Beau-Séjour. En août 2013, il partait en préretraite après 23 ans de "bons et loyaux services". L’Atelier qu'il animait, cher aux patients hospitalisés qui bénéficiaient ainsi d'instants de loisirs et de moments de répit bénéfiques à leur moral, a été maintenu à 50% durant une année après son départ. Menacé de fermeture à cause de projets institutionnels et mesures d'économies aux HUG, ce centre a pourtant disparu en juillet 2014, avec le départ du second animateur à temps partiel. Les premiers articles de cette rubrique (numérotés) abordent le sujet.

Jean-Pierre Tauxe a alors publié un autre ouvrage, qui retrace ses deux décennies à la tête de l'espace de loisirs de Beau-Séjour : rétrospective d'événements exceptionnels, organisations socioculturelles originales, récits et anecdotes et également nombre de témoignages de patients.

Ce livre peut être commandé en laissant les cordonnées sur le site http://jean-pierretauxe.wixsite.com/atelierdanimation, rubrique en bas de page "Plus d'Info". Titre : "l'Atelier d'Animation ou comment offrir un 'supplément d'âme' aux patients séjournant à l'hôpital". 180 pages, 58 illustrations en couleur, format 14,9 x 21,1, broché, 24.- Frs + 4.- Frs de frais d'envoi pour 1 exemplaire.

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