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Les boutiques Epsetera, EPI, c’est tout !

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Une dame élégante pénètre dans la boutique Epsetera, installée aux 64-66, rue du Grand-Pré, se saisit d’un objet joliment présenté puis se dirige vers la caisse pour y régler son achat. Stimulé par la magie du lieu, je m’avance vers elle.

– Bonjour Madame, j’espère ne pas vous importuner, puis-je vous demander ce que vous achetez si rapidement et comment vous connaissez cette arcade ?

Je passe chaque semaine devant la vitrine en allant chez une amie, et tout y est si bien présenté qu’à chaque fois, je pousse la porte et choisis un objet pour lui en faire cadeau ! Et j’adore le concept de ce commerce ! me répond gentiment Marianne en refermant son portemonnaie.

C’est vrai, ici tout est présenté avec soin et avec goût. Il semble qu’on soit toujours en période de fête, c’est la fête perpétuelle. Et le décor reflète à merveille l’ambiance qui règne dans cette arcade!

Je viens d’y être reçu par Claudine Vaubien, la responsable du lieu et Rolf Gobet, Directeur des Services socioprofessionnels. On est loin du schéma habituel des commerces de détail! C’est que la boutique et l’atelier de travail qui se situe dans l’arrière magasin font partie des EPI, les Etablissements Publics pour l’Intégration. Fruit de la fusion des EPSE, Etablissements Publics Socio-Educatifs et du CIP, Centre d’Intégration Professionnelle en 2008.

Les EPI et leurs boutiques Epsetera ont deux missions : une socio-éducative et une socioprofessionnelle. Les femmes et les hommes en situation de handicap qui y travaillent sont au bénéfice d’une rente AI et ont fait acte de candidature. Ils ont exprimé leurs souhaits et, après un stage d’observation d’un mois pour déterminer de quel encadrement chacun a besoin, ont été affectés à une tache à leur convenance pour se confronter à la réalité. Bien sûr, ces personnes que l’institution nomme les « usagers » bénéficient de l’encadrement de maîtres de réadaptation et de maîtres d’atelier et d’agents techniques, tous des professionnels suivant régulièrement des stages de formation continue. Il existe des centres de jour et des résidences qui accueillent les personnes concernées en fonction de leur handicap et de leurs besoins.

Rédiger un article neuf à propos des EPI et une gageure car tant de documents ont été publiés dans les médias à propos de cette indispensable institution Il n’est qu’à consulter le site Internet pour découvrir la littérature traitant de ce sujet. N’hésitez d’ailleurs pas à vous rendre sur le site www.epi.ge.ch l

Les EPI, certifiés ISO, proposent leurs services à de nombreuses entreprises pour le conditionnement et le publipostage de leurs produits. La Maison Caran d’Ache confie ses emballages et expéditions en totalité au site de la Pallanterie. D’ailleurs, pour bien montrer le succès de cette activité, le 100% des entreprises qui ont pris contact avec les EPI poursuivent leur collaboration. Pour bien souligner la diversité des EPI, le saisonnier et superbe Carrousel des fables du Jardin Botanique, auquel aucun enfant ne peut résister, est l’un des fleurons de cette institution

Je reviens à la boutique du Grand-Pré, avec son copy-shop hyper-performant et pas cher, son magasin et son atelier. On y fabrique dans la bonne humeur et dans le respect de chacun des savons parfumés, du papier artisanal d’une grande originalité conçu à partir de la pâte faite de déchets à recycler. C’est magnifique ! Tout, absolument tout ce qui est à vendre est fait maison. Ce qui explique que parfois, mais de plus en plus rarement, des clients mal informés estiment les prix trop élevés par rapport aux produits chinois qui trouvaient place dans la boutique avant que l’offre concerne désormais exclusivement la production locale.

Claudine et Rolf me soufflent que l’atmosphère qui règne dans l’institution apporte à chacune et chacun des usagers et collaborateurs un « supplément d’âme » ! Assertion que je ressens et qui va vite m’être confirmée à l’écoute de Franck et Laurence, deux collaborateurs en emploi adapté, qui réussissent à vaincre leur timidité pour me confier quelques pensées.

Selon Franck, 45 ans, entré aux EPI il y a 2 ans d’abord au copy-shop, où il n’a pas supporté le stress engendré par les clients pressés, puis passé par le conditionnement et l’artisanat, les collaborateurs sont très sympas, l’ambiance excellente, le respect et l’entraide sont au top et c’est pour lui une joie de venir au travail. Employé à 30%, il adore ses activités variées et tend à s’orienter de plus en plus vers la gestion, séduit par les ordinateurs.

Laurence, âgée de 29 ans travaille à 66% depuis 2012 au Grand-Pré. Elle est très fière de son job. Elle fabrique des savons, se donne à fond à la création de cartes de vœux originales. Elle sourit constamment et adore à peu près tout. En dehors de l’atelier, elle pratique la gymnastique, la natation et suit des cours de violon, avec un concert en vue ! Une once de tristesse lui traverse un instant l’esprit à la pensée qu’une camarade stagiaire quitte l’atelier pour tenter sa chance dans le monde de l’emploi. Laurence rêve parfois de suivre d’autres stages.

Je ne quitterai pas mes hôtes du jour sans me procurer un petit quelque chose, comme un « supplément d’âme » mais je n’ai pas le temps de choisir qu’une « collaboratrice en emploi adapté » me glisse un emballage cadeau dans la main en me disant « Merci Monsieur ¨ »

Je vous conseille de passer sans tarder à la boutique Epsetera, mais je n’en rajouterai pas !

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Photo du profil de René Magnenat
Né le 8 octobre 1946, retraité ayant enseigné l' E.P. à l'Ecole Internationale de Genève puis également le français au Cycle d'Orientation. Marié, trois filles, écrivain, chanteur en chorale, comédien amateur, lit toujours la rubrique "sports" en priorité dans le journal.

1 commentaire

  1. Photo du profil de Jean-Pierre TAUXE

    Bonjour,

    Le nom d’EPSETERA n’a plus tellement sa raison d’être aujourd’hui ; d’ailleurs nombre de personnes qui passent devant ces arcades commerciales ne saisissent pas du tout le jeu de mot qui était entré en vigueur lors de la réorganisation des anciens ateliers protégés de l’époque (rattachés à l’institut La Combe) et la création des Etablissements Publics Socio-Educatifs vers 1986-88.

    Donc après plus de 30 ans, il serait temps que ces diverses boutiques dépendantes des EPI se voient enfin attribuer un nouveau nom plus en lien avec les réalités institutionnelles actuelles…

    Répondre

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