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L’ETM, une école de musique publique différente…

L’ETM, une école de musique publique différente…

« L’Ecole des Techniques Musicales »… dans le langage commun les musiciens la nomment ETM, Une référence en terme de formation pré-pro et amateurs éclairés. Beaucoup d’amateurs renoncent, par ailleurs à débuter la musique à l’âge adulte par répulsion de devoir apprendre le solfège. Or, il existe d’autres méthodes que celles du classique. Qui dit musicien dit « avoir de l’oreille ».

Afin d’en savoir un peu plus trois professeurs et Stefano Saccon, le directeur ont accepté de répondre à quelques questions. Ex-directeur de l’EJMA (Ecole de jazz et de musique actuelle) à Lausanne,ce dernier a pris ses fonctions au printemps dernier..

– En juin dernier, The Voice France est venu faire un casting dans votre école.
Combien de candidats se sont présentés ?

S.T: Environ 200 personnes

 – Combien ont été retenus ?
S-T:  Moins d’une dizaine.

 – Comment avez-vous réussi à inviter Bruno Berberes, vous le connaissiez ?

S.T: Pas du tout, mais dans son équipe se trouve un ancien élève de l’ETM.

 – Stacy King, ancienne candidate de The Voice…
S.T: Saxophoniste de Stacy King, je l’ai invitée à rencontrer les élèves pour qu’elle parle de l’arrière scène, comment se préparer à de telles émissions, comment se protéger également. Garder la part de rêve tout en sachant où on va.
Elle est venue faire une master-class sur le sujet avec sa coach vocale de longue date, Angie Berthias-Cazaux. Les gens viennent au casting avec de la joie et du rêve c’est bien mais il faut aussi leur expliquer la réalité.  Ces concours existent et nous écoles il faut préparer les élèves à ces jurys. A nous d’adapter notre enseignement pour permettre à nos élèves de passer le cap et de suivre ensuite ces nouvelles méthodes de recrutement européen. Le niveau américain c’est autre chose.

 – On parle souvent de vos classes pré-pros. Outre les instruments classiques comme la guitare et le piano, quels autres instruments sont enseignés ?

S.T: Il faut garder en tête que la voix est un instrument, nous ouvrons donc aussi ces classes pré-pros à ceux qui veulent faire du chant leur métier. Mais dans les instruments il y a aussi la basse, la batterie, le banjo, la MAO, le saxo ou la trompette.

 – La MAO (musique assistée par ordinateur), est également enseignée ?
Bien sûr, ceux qui ne composent avec cet outil font de la musique. Une musique actuelle qu’on entend à la radio. Si je suis directeur, je suis musicien avant tout et je continue à jouer sur scène. Pour moi c’est primordial de garder un contact avec la scène. Mon exigence musicale n’est pas fantaisiste et mon expérience passée aide énormément. J’ai un vrai challenge. Dans l’inconscient collectif, nous sommes de la musique légère. Nous avons beaucoup de preuves à faire. Si les subventions vont en premier lieux à la musique classique, nous avons des retombées économiques immédiates et beaucoup plus importantes. Nos musiciens méritent d’être reconnus. Il faut les mettre en lumière.

Eric Bisoffi, professeur de guitare explique: « à l’adolescence j’ai commencé par faire du « air guitar », les études se passaient très bien jusqu’à ce que j’achète une guitare ensuite à l’université mes études ne m’intéressaient pas et j’ai intégré la classe pré-pro de l’ETM et au final j’enseigne toujours à l’ETM ». Ils m’ont tout d’abord demandé mon point de vue d’élève avant que Gabor (l’ancien directeur et créateur de l’Ecole) ne me propose d’enseigner. Au départ j’ai refusé car je ne voyais que les Etats-Unis et surtout le Musician Institute de Los Angeles. Si à la base je préférais Boston et Berkley, l’enseignement sur une année de Los Angeles convenait mieux à mon budget que les quatre années à Boston plus orientées enseignement universitaire.

 – Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

E.B: Aux Etats-Unis,la culture musicale est énorme, le décalage avec la Suisse était flagrant. Rappelons qu’au début des années nonante, il n’y avait pas internet et l’accès à toutes les plates formes actuelles et de fait nous ne trouvions ni autant d’infos ni autant de possibilités d’apprendre ce qu’il se faisait ailleurs. J’allais donc apprendre les musiques que j’avais toujours aimées.

Quels sont vos goûts musicaux ?

E.B: J’adore le rock, le blues, la country, le jazz avec une nette orientation rock. Par contre si j’enseigne la guitare électrique généraliste, je n’enseigne pas la guitare électrique « country » ni la steel guitar. A côté de cela je fais des repiquages de pop, pour permettre à tout le monde de jouer rapidement. Je joue également dans un groupe pop car j’adore faire danser les gens. J’adore ce coté de l’immédiateté. Autant en studio si cela ne va pas, on refait la prise autant sur scène il n’y a pas de filet et le public réagit tout de suite.

 – Dans votre carrière, avez-vous rencontré des débutants hyper doués à la première écoute ?
E.B: On voit de nombreuses personnalités ce qui est intéressant. Une fois j’ai vu un « Obélix » qui lui avait dû tomber dedans mais plus de nouvelles depuis 20 ans. J’ai eu de nombreux élèves doués dont le talent était indéniable et certains sont devenus professionnels d’autres ont continué en amateurs. J’ai une élève de 10 ans, guitariste qui quand elle chante a le timbre de Rihanna, elle est bluffante. Les enfants sont souvent caméléon et c’est magique. Gardons en tête que si le talent est là il faut le travailler sinon c’est du gâchis. Devenir musicien est un travail quotidien mais du moment qu’on a choisi son métier, c’est le meilleur métier du monde.

 – Quels âges ont vos élèves ?

E.B: J’ai la chance d’avoir tous les âges de 6 à 68 ans !

 – Que pensez-vous des classes de jam mensuelles ?

E.B: L’avantage des soirées jam intra-muros, c’est de permettre aussi aux élèves de se rencontrer et de jouer sans « enjeu ». On apprend à l’oreille, à faire voir les accords sur le manche. Ceux qui sont ouverts, je leur apprends les bases du solfège mais la majorité viennent ici pour justement ne pas avoir à subir les règles rigides du classiques, ils ne veulent surtout pas d’audition, pas de solfège ni dictées ou autres choses du même genre. Le solfège reste nécessaire pour communiquer notamment pour noter les rythmes à jouer. A l’inverse ceux qui viennent du classique, je leur cache les partitions pour les faire jouer à l’oreille.

 – Quelle est votre mission ?

E.B: C’est former nos élèves à maîtriser leur instrument durant les deux ans de passage chez nous et qu’ils soient aptes à travailler tout de suite. Ceux qui veulent ensuite préparer l’entrer d’une HEM feront les dossiers nécessaires mais la plupart ne voient pas le but d’obtenir un papier universitaire et n’en ont pas l’envie.

 – Et pour jouer de la pop ou du rock, est ce nécessaire ?

E.B: Pour une embauche on va demander au musicien de jouer et non le juger sur un papier. Aussi beau et prestigieux qu’il soit le diplôme restera secondaire. Le milieu fonctionne avant tout par connaissance ou écoute de ce qui a été joué ou composé et la polyvalence du musicien. Certains élèves décident sur le tard de vivre de la musique, pour les élèves de plus de 25 ans, nous attirons l’attention sur l’autofinancement et ce que cela engendre (CHF 6’500.- d’écolage par an). Contrairement à ce que la majorité pense, on ne vient pas à l’école en touriste. Etre musicien ce n’est pas seulement monter sur scène et délirer avec les copains. Il y a énormément de travail en amont de manière à être polyvalent. Il faut aussi apprendre à se présenter, faire un dossier, un site web etc… Pour nourrir le rêve, il faut aussi passer par des matières moins intéressantes et faire des concessions. Aller sur scène, c’est la récompense et il faut pouvoir le gérer. Nous avons une réelle volonté d’ouverture sur l’étranger car la Suisse est petite et insuffisante pour certains. La musique a un impact sur la vie des gens, ceux qui prennent des cours de musique prennent rarement du prozac. Si les élèves de moins de 25 ans sont subventionnés dans le cadre de l’enseignement, les adultes de plus de 25 ans doivent s’autofinancer. En effet, on dirait que l’Etat considère qu’un métier artistique comme graphiste mérite d’être subventionné alors que pas un musicien. C’est dommage et regrettable. A nous de faire en sorte que ça change. Dans l’inconscient collectif, l’ETM n’est réservé qu’aux jeunes adultes dès 17 / 18 ans. Or, les classes pour enfants sont ouvertes dès 7 ans et aux adultes jusqu’à pas d’âge. Que ce soit le saxo, le banjo, le chant, la batterie, la basse ou le piano et j’en passe tous les enfants sont les bienvenus.
Dès la rentrée deux nouvelles classes seront ouvertes : la trompette et le vibraphone.

Jean Rochat, batteur.

 – Depuis combien de temps enseignez-vous ?
J.R: Cela fait 25 ans que j’enseigne à l’ETM et environ 40 ans que j’enseigne la batterie. J’ai commencé très jeune à ne faire que de la musique.

 – Pourquoi avoir choisi la batterie ?
J.R:  Je pense qu’à l’époque j’ai dû choisir la batterie car il n’y a pas de solfège et que cela me simplifiait la vie. Comme certains l’ont dit avant moi « ce qui est bien quand il n’y a pas de notes c’est qu’on peut tout mélanger. On peut mettre du froufoutage avec du bloubloutement ! » Ce qui est vrai car suivant l’instrument, ça passe assez mal. Avec la batterie, que je tape sur une cymbale plutôt que sur une autre, c’est subjectif, une appréciation de gout. Rapidement, je me suis aperçu que la batterie n’était pas seulement un instrument mais également elle faisait office de chef d’orchestre. Sans rien dire, je peux faire accélérer un groupe de 30 musiciens ou au contraire le faire ralentir. Sachant que je voulais vivre de la musique, j’ai fait le conservatoire avec option percussions symphoniques pour apprendre aussi bien le vibraphone, ou le marimba et en second instrument j’ai étudié le piano car pour composer c’était plus simple.

 – Comment évaluez-vous l’évolution des élèves durant toutes ces années ?
J.R: Depuis quelques années j’ai recommencé à enseigner à jouer avec deux grosses caisses. En effet, grâce ou à cause d’internet les élèves sont en demandes de techniques qui se passent ailleurs ou qu’on voit moins ici. L’exemple flagrant est le roulement à une main. Même si nous travaillons cette technique en cours, l’élève peut ensuite retrouver le découpé des mouvements sur internet car cela va lui prendre des heures et des heures pour maîtriser cet art. C’est un support fabuleux. Ce genre d’aide n’existait pas il y a vingt ans du coup les élèves ont davantage envie, sont très curieux et a fortiori me remettent en question et me poussent à avancer aussi. Que demander de plus ? La technique évolue juste par la connexion des gens.

 – Quel est le niveau de vos élèves ?
R.R: J’ai tous les niveaux, les vrais débutants et ceux des classes pré-pros qui se destinent à devenir des professionnels de la musique. Là encore, la richesse de la diversité d’un tel enseignement et géniale pour un enseignant. Tout comme pour n’importe quel instrument un batteur pro se doit de maitriser toutes les techniques et pas seulement celles d’une zone de confort. Il doit également s’adapter au style de musique du groupe dans lequel il joue. Un batteur de blues sera plus sobre qu’un batteur de rock tout simplement car dans le blues c’est la voix du chanteur à mettre en avant. Dans le rock il pourra y avoir des moments de virtuosité et des solos qu’on ne trouvera pas ailleurs. Quant à l’âge, en dessous de 6 ou 7 ans cela pose un problème de taille ! Et mon élève le plus âgé a 72 ans… ce monsieur avait rêvé toute sa vie de devenir batteur et maintenant qu’il profite de sa retraite… il s’est lancé. Comme quoi il n’y a pas d’âge pour débuter.
C’est aussi l’avantage des cours individuels. Autant d’individu que de manière de taper une baguette. A moi de m’adapter à l’élève.

Yvan Pougny, bassiste.

 – Depuis combien de temps enseignez-vous ?
Y.P: J’enseigne depuis 25 ans.

 – Quel est le niveau des élèves ?

Y.P: Du débutant au pré pro. C’est l’avantage de l’enseignement à la carte, chacun vient chercher quelque chose qui lui correspond. Il est évident qu’avec les pré-pros on ira dans de nombreuses directions que nous n’aurons pas le temps d’explorer avec les amateurs. En dehors de l’enseignement, je joue dans un groupe nommé Morglbl. Nous venons d’enregistrer notre 6e album. C’est du Jazz métal progressif.

 – Récemment a eu lieu dans l’école le casting The Voice France, qu’en pensez-vous ?
Y.P: C’est excellent pour les élèves et pour l’école. Désormais ce genre d’émission fait partie intégrante de l’univers musical. Cela part du principe des vieux radio-crochets. Bassiste de Stacy King, nous en parlons souvent.

 – Pourquoi la basse ?

Y.P: J’ai débuté par la clarinette classique à l’âge de 9 ans. Clarinettiste vraiment pas doué, j’ai quand même persévéré durant 5 ans. Mon frère aîné était batteur de jazz et il m’a fait découvrir d’autres univers. A 14 ans, j’ai commencé la basse en autodidacte car je ne trouvais pas de cours. Il faut dire aussi que la basse n’est pas un instrument vers lequel les gens vont spontanément. Historiquement le bassiste était le « guitariste de trop » qui se dévouait pour prendre la basse. Dans un orchestre, la basse est nécessaire mais il y avait tellement peu de bassiste que ceux qui étaient en poste accumulaient les demandes. Depuis les années 90 la tendance s’inverse doucement car certains bassistes ont fait des albums solos. De l’extérieur, on pense que c’est un instrument sans technique. Si de nombreux guitaristes viennent aussi apprendre la basse, cela prouve que c’est l’inverse. C’est une technique propre à la basse comme n’importe quel autre instrument. Il faut savoir que les bassistes polyvalents, capables de tout jouer sont rares. Raison pour laquelle je pousse autant mes élèves de pré-pro. S’ils veulent pouvoir travailler de leur instrument ils doivent le maîtriser et jouer tous les styles.

 – Quelle est la plus grosse différence technique entre un guitariste et un bassiste ?

Y.B: Le son est différent, le rôle aussi. La basse est un instrument d’accompagnement. Les cordes sont plus grosses. On ne joue qu’une note à la fois dans un premier temps. Ensuite, si on pousse la technique on joue également en accords et là, il n’y a plus aucune limite. La basse c’est comme la batterie. Elles fait partie intégrantes de la rythmique. A la guitare, on va jouer une mélodie ou des accords. La basse est un Instrument méconnu du grand public, beaucoup de gens ne l’entendront pas. Par contre si on l’enlève, ils vont s’apercevoir qu’il manque quelque chose.

 – Quel est l’âge de vos élèves ?
Y-B: de 14 à 55 ans

 – Que pensez-vous des classes de jam mensuelles ?
Y.B: Avec les classes de jams et les concerts intra-muros ou les ateliers, cela permet aux bassistes de joindre à d’autres univers que le leur. C’est également au travers de ces rencontres que des groupes peuvent se créer. Dès la rentrée je prendrai des élèves plus jeunes dès 8 ans cela permettra aussi de faire découvrir cet instrument qui me passionne. La musique reste avant tout un plaisir.

 

Prochain examen : 24 aout
Date limite d’inscription : 15 aout
Condition d’inscription : maîtriser au moins un instrument. (la voix étant également un instrument).

Reprise des cours le 7 septembre.
Inscriptions ouvertes pour tous les instruments.

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Photo du profil de Nathalie Rendu
Photographe installée à Genève.
Studio photo, Ecole photo, stage photo à l'étranger (Nashville, Venise, New York, safari photo en Afrique, etc...). www.peintresdelumieres.com

J'anime également une émission de Country Music sur Radio Cité Genève 92.2 "Country in the City".

J'ai fait le choix d'essentiellement parler de la musique country moderne, celle qu'on entend sur les ondes américaines. Rien à voir avec celle qu'on nous présente en Europe. Evidemment je n'oublie pas de temps à autre de diffuser quelques titres de la country classique des westerns de notre enfance.

J'écris principalement des articles sur les artistes genevois (musiciens, comédiens, créateurs).

Comme je ne connais pas tout le monde, les artistes peuvent aussi me contacter pour un coup de projecteur....

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