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Pourquoi ne trouve-t-on plus de graines de lupins (lupinus) dans les jardineries ?

Des lupins en bac sur une terrasse Eclatantes couleurs des épis floraux à la tombée du jour Magnifique bouquet coloré et parfumé "Chandeliers" jaunes et "Mon Château" rouges et quelques espèces bleues
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"Chandeliers" jaunes et "Mon Château" rouges et quelques espèces bleues

En effet, depuis plus d’une année, impossible de faire de nouvelles cultures de ces magnifiques épis de fleurs ornementales et parfumées faute de semences disponibles dans les jardineries : nous n’en avons trouvé ni au M-Parc à Carouge, ni au Jumbo à Meyrin, ni à la Coop Brico-Loisirs d’Onex qui en proposaient habituellement dans leurs sélections. Bakker, vente par correspondance, n’a plus ces graines dans son assortiment, et Gugger & Guillod à Nant-Vully qui nous fournissait auparavant par envoi postal les magnifiques « Chandelier Jaunes » et « Mon Château Rouge » a cessé de commercialiser les semences de fleurs et de légumes.

Les recherches ont également été infructueuses dans le canton de Vaud, et même jusqu’en Valais, où nous avons pu cependant dénicher chez Girod à Saint-Triphon deux plants en pots, justement avec les superbes inflorescences jaunes et rouges. Repiqués en terre l’automne passé, les racines de la variété aux fleurs rouges ont toutefois été « boulottées » cet hiver par les campagnols…

Y aurait-il un botaniste, un horticulteur, ou même un marchand grainier spécialisé parmi les lecteurs qui pourrait nous donner une explication ? Car personne ne sait rien à ce sujet : ni les vendeurs, encore moins les Services Clients respectifs. Un jardinier « amateur » rencontré au M-Parc a toutefois suggéré que les lupins figureraient maintenant dans la liste actualisée des plantes envahissantes : il semblerait cependant que cela concerne surtout le « Lupinus polyphyllus » des prairies de montagnes (lupin à folioles nombreuses, uniquement bleu) et pas les variétés horticoles comme le lupin de Russel. Mais qu’est-ce qui est exact dans tout cela ?

Pourtant on a souvent observé dans des jardinets le long de l’avenue de la Roseraie cette magnifique plante herbacée de la famille des papilionacées, et même dans le parc de l’hôpital Beau-Séjour à l’époque. Presque chaque jardin familial en possède sur son lopin de terre. Elle trônait aussi majestueusement dans les potagers de nos grands-mères ou dans des grands pots sur des terrasses depuis des décennies, sans apparemment poser de problème. Celles qui se ressemaient d’elles-mêmes dans les prés ou les champs voisins finissaient en bouquets parfumés, ou étaient fauchées lors des fenaisons et ne semblaient pas représenter de toxicité pour le fourrage.

Les fleurs roses, bleues ou blanches figuraient parmi les plus répandues, alors que les oranges, violettes, rouges ou jaunes étaient plus rares et même recherchées. On se souvient qu’étant gamins, on repérait les platebandes et les massifs où s’épanouissaient ces couleurs exceptionnelles pour aller « piquer » discrètement des graines après la floraison en fin d’été ! Nos aïeules ont d’ailleurs aussi fait pareil quelquefois…

Mais on se prend déjà à parler au passé de ces élégants lupins ; espérons toutefois que ces plantes populaires et appréciées des amoureux des fleurs de grande taille ne vont pourtant pas disparaître peu à peu de nos terrasses ou jardins, faute de nouvelles graines fraîches ou alors que leur expansion soit à présent réglementée. Ce serait tout un patrimoine floral qui « passerait à la trappe ». Car, comme mentionné plus haut, leurs racines figurent bien souvent au menu de campagnols voraces, les tiges et les feuilles ne sont également pas boudées des limaces ; les pucerons envahissent aussi parfois intensivement les lupins, mettant donc également en péril leur pérennité.

Comme en principe on rabat les hampes florales après leur première floraison printanière pour les faire remonter une seconde fois en été, il faudra donc plutôt laisser sécher les épis sur place pour récupérer et conserver les graines ? Mais cette pratique aurait malheureusement tendance à affaiblir la plante-mère qui s’épanouira moins bien les années suivantes.

Un grand merci d’avance à la personne ou au spécialiste qui pourra nous donner des explications plus détaillées, ou alors qui serait éventuellement en mesure de nous indiquer un commerce grainier possédant encore des semences de lupins de Russel afin que l’on puisse continuer à colorer et embaumer nos petits coins de nature affectionnés avec ces variétés remarquables.

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Photo du profil de Jean-Pierre TAUXE
Décorateur de premier métier ; une expérience d'une année dans les coulisses du Cirque Knie pour écrire un premier livre ; formation d'éducateur sport et loisirs pour personnes en situation de handicap ou en difficulté d’adaptation, puis de maître socio-professionnel à l'EESP de Lausanne.

Il reprend plus tard la responsabilité de l'Atelier d'Animation à l’Hôpital Beau-Séjour. En août 2013, il partait en préretraite après 23 ans de "bons et loyaux services". L’Atelier qu'il animait, cher aux patients hospitalisés qui bénéficiaient ainsi d'instants de loisirs et de moments de répit bénéfiques à leur moral, a été maintenu à 50% durant une année après son départ. Menacé de fermeture à cause de "projets institutionnels" et "mesures d'économies" aux HUG, ce centre a pourtant disparu en juillet 2014, avec le départ du second animateur à temps partiel. Les premiers articles de cette rubrique (numérotés) abordent le sujet.

Jean-Pierre Tauxe a alors publié un autre ouvrage, qui retrace ses deux décennies à la tête de l'espace de loisirs de Beau-Séjour : rétrospective d'événements exceptionnels, organisations socioculturelles originales, récits et anecdotes et également nombre de témoignages de patients.

Ce livre peut être commandé en laissant les cordonnées sur le site  http://jean-pierretauxe.wixsite.com/atelierdanimation  rubrique en bas de page "Plus d'Info".

2 commentaires

  1. Photo du profil de Jean-Pierre TAUXE

    Une réponse reçue par mail d’une grainière du Jardin Botanique de Genève :

    Cher M. Tauxe,

    Mes collègues m’ont transmis votre e-mail et je vais essayer de vous répondre au mieux selon mes connaissances sur le sujet.

    Effectivement, bien que cette espèce de la famille des fabacées de Lupinus polyphyllus soit magnifique en pleine floraison et bien connue des jardins de nos parents, grands-parents, la plante est considérée comme néophyte envahissante.

    Elle se trouve en effet sur la Liste Noire chez nous en Suisse, mais également dans d’autres pays Européens. Je vous fais suivre sa fiche explicative selon Info Flora.

    C’est certainement l’une des explications pourquoi vous ne pouvez trouver encore facilement des graines dans le commerce.

    D’autant plus que sa reproduction par voie sexuée (par les graines) est très efficace à sa dissémination.

    Un autre groupe de travail dont voici le lien : https://www.kvu.ch s’occupe de faire le lien avec les cantons sur la dissémination des espèces envahissantes.

    Sachant tout cela, il est bien probable que notre Lupinus polyphyllus n’ait plus autant la cote qu’avant dans les Garden Center et chez les pépiniéristes de plantes vivaces.

    Peut-être aussi qu’il n’est tout simplement plus aussi recherché qu’avant, que les temps changent et que de nombreuses autres plantes vivaces inconnues jusqu’ici et très intéressantes sont proposées dans les assortiments aujourd’hui.

    Tout cela est plutôt réjouissant pour nous professionnels qui travaillons en lien direct avec la flore de Suisse.

    Par contre il n’est pas impossible de trouver des sachets de graines ou des plantes en pots encore disponibles dans certaines jardineries en Suisse ou sur certains sites internet Suisse.

    Voilà, en espérant avoir apporté une piste d’explications sur ce sujet.

    Avec mes meilleures salutations

    Céline Buchschacher – Grainière
    Conservatoire et Jardin botaniques (CJB)

    Répondre
  2. Quel beau texte sur les lupins ! Je ne savais que cette dernière était en voie de disparition. Merci pour l’information !

    Répondre

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