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Punaise, des « cimex lectularius » dans mon lit !

Avec plus de deux cents relations sexuelles par jour, on comprend la prolifération exponentielle des punaises de lit, ces ennemies jurées de nos nuits qui ne se nourrissent que de sang humain…
Comment s’en prévenir, comment les détecter et, surtout, comment en venir à bout ? Des solutions existent ! Explications avec le maître chien Patrick Horner, spécialiste de la vie intime de la punaise de lit et de son éradication.

Genève, comme toutes les villes touristiques, connaît une recrudescence vertigineuse des punaises de lit. Comment expliquer ce phénomène inquiétant ?

Ce problème a pris de l’ampleur et n’est pas du tout résolu à Genève notamment, pour deux raisons principales selon moi : La première est due au fait que les gens voyagent beaucoup, avec des destinations lointaines et peu onéreuses… J’insiste sur le fait que cela n’a rien à voir avec le standing des hôtels qui peuvent être bon marché et très bien tenus – des palaces ont également été contaminés – donc ce phénomène touche toutes les couches sociales et ne concerne pas l’hygiène ou la propreté individuelle, ceci pour rassurer les personnes concernées. Le second vecteur que je constate, hélas, c’est la récupération de meubles et des habits de deuxième main. Il faudrait passer au crible chaque meuble, tapis ou matelas recyclé et être vigilant en cas de suspicion de présence de punaise.

Qui est cette maudite punaise de lit ?

La punaise de lit a toujours été présente dans nos sociétés avec une baisse notable dans les années 1960-70 par l’utilisation massive du DDT.
Comme son nom l’indique, elle se loge principalement dans nos lits. A la recherche de CO2, elle a une capacité de migration exceptionnelle. La transmission se fait surtout par les habits contaminés : si vous passez, par exemple, du temps sur votre canapé en pyjama, elle va venir se nourrir chez vous et quand vous vous levez, la punaise, minuscule, quasi invisible, tombe par terre et grâce à sa carapace malléable, elle ira vite se cacher dans les plinthes derrière les prises, voire même dans les trous des clous des tableaux car elle déteste la lumière.
Mais il faut savoir que les mâles ont une sexualité débridée : hyperactifs, bisexuels, ils possèdent un pénis qui leur permettent d’injecter leur sperme directement dans n’importe quelle partie du corps de leur élu(e) ! Et dès que la femelle est fécondée, celle-ci s’éloigne du groupe pour pondre une douzaine d’œufs par jour pendant un temps indéterminé car elle possède une spermathèque importante. Puis, après l’œuf, il y a cinq étapes distinctes avant d’arriver à la taille adulte : la punaise, ne s’alimentant qu’une fois par stade, digère son repas pendant 5 à 7 jours et ne repique pas pendant ce temps de digestion puis passe ainsi au deuxième stade, piqûre, digestion, etc… Arrivée à la taille adulte, elle va piquer aussi souvent qu’elle en a envie, et c’est à ce moment-là qu’elle se reproduit ! Mâles et femelles sucent le sang de leur victime grâce à un bec piqueur-suceur.

On entend dire que la punaise peut se mettre en dormance, pendant plusieurs mois ?

Oui, en effet ! Des expériences diverses en laboratoire observent leur fonction. Certains spécimens peuvent se mettre en dormance, ralentissant leur métabolisme, pendant 12, voire jusqu’à 24 mois sans manger ! Mais cela dépend également des conditions : elles peuvent plus facilement se mettre en dormance dans un appartement qui fait 22 degrés que 15 degrés. Dans une cave, elles y meurent car il fait en général plus froid, mais il y a toujours le risque d’en ramener lorsqu’on remonte des affaires…

A Genève, des gens sont au bord du désespoir, tant ce nuisible affecte leur quotidien mais n’est pourtant pas considéré comme un problème de santé publique, quelles solutions proposez-vous ?

Il faudrait quand même qu’un politicien se penche sur le problème lors d’une contamination d’un immeuble par exemple : qui paye quoi : les assurances ? la régie ? le propriétaire ?
A ma connaissance, seule la régie immobilière de la Ville de Genève entre en matière en ce qui concerne la détection, le traitement par vapeur sèche et, si nécessaire, la congélation des affaires contaminées, car cela revient quand même très cher pour le locataire qui peut dépenser personnellement environ CHF 380.- par pièce contaminée, sans parler de l’aspect psychologique très difficile à supporter.
En cas de doute, nous proposons une détection canine avec Patty notre chienne, âgée de quatre ans et demi, une Border Collie whippet formée par l’Académie de dressage de chiens en Californie avec environ mille heure de dressage à son actif. Cette race convient particulièrement bien à la détection des punaises grâce à son corps fin et à son museau allongé.

Comment l’entraînez-vous ?
Patty est arrivée chez nous en décembre 2014 à Genève et travaille environ deux heures et demie par jour sur le terrain. Nous l’entraînons à la maison avec un plateau tournant monté sur des roulettes sur lequel se trouvent plusieurs boites qui contiennent des croquettes, des biscuits et dans un seul pot, il y a des punaises de lit vivantes contenues dans des fioles scellées et sécurisées fournies par un laboratoire anglais – je vous rassure – et elle doit marquer ce pot en s’asseyant et en tapant la tête en direction de la chose infestée. Je cache également des punaises mortes dans l’appartement. Comme elles ne dégagent plus d’odeur corporelle, Patty ne doit pas marquer, même si elle me voit cacher la fiole dans le canapé ! Elle peut essayer de me rouler pour avoir une croquette, c’est un animal c’est normal, mais pas chez moi car je sais où j’ai caché les punaises ! Nous la récompensons sous forme de nourriture, de caresses et d’applaudissements ! Tant qu’elle prouve qu’elle est alerte, elle peut travailler douze ans environ mais elle fait vraiment partie de la famille maintenant !

Quelques conseils en voyage ?
Ne pas ouvrir sa valise sur le lit mais sur une table ou dans la salle de bain. Au retour, en cas de suspicion, secouer ses affaires dans la baignoire et laver ses habits à 60 degrés. Je conseille également de dormir dans des draps blancs afin de repérer les traces de déjection, noires, et si par malheur il y en a, on se fait piquer dans les deux jours ! Et comme on ne voit pas les punaises, la seule certitude qu’on a, ce sont les piqûres assez reconnaissables, rouges et disposées en ligne.

Renseignements :
Detectbug Sàrl
Route des Acacias 45 A
1227 Les Acacias
Tél : 022 300 14 20
info@detectbug.ch
7/7 de 7h à 23h

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Photo du profil de Nathaly De Morawitz-Schorpp
Grâce à Signé Genève, Nathaly a le privilège de partager ses multiples passions: chemin de fer ou histoire genevoise, rencontres avec les gens de son quartier ou échanges avec des artistes, aussi divers soient-ils. Guide culturelle et du chantier du CEVA, elle aime particulièrement faire découvrir les multiples facettes de Genève sous un angle original et insolite (www.geneve-en-balade.ch). Quand elle n'est pas à Carouge, sa ville de coeur dont elle connaît tous les recoins, Nathaly participe à l'organisation de voyages culturels et gourmands en Italie au sein de l'association INSOLitalia.





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