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“Tcheu la bûche !”

“Tcheu la bûche !”

Place à l’artiste !

Assis en tailleur sur les coussins multicolores, les petites têtes blondes attendent patiemment qu’un certain monsieur, griffonnant de son feutre noir un personnage familier, commence à parler. Ils se questionnent, chuchotent à l’oreille de leur maman ou papa venus les accompagner et pointent du doigt le tableau blanc maintenant illustré. Nous sommes le mercredi 13 avril à la Bibliothèque des Minoteries lorsque l’homme, genou à terre, se relève et se présente : Éric Buchschacher, dit “Buche”, dessinateur et auteur genevois de bande dessinée. Son succès à lui, c’est lorsqu’il publie en 1985 sa première BD, Carapaces chez les éditions L’Essai. Mais l’aventure dessinée démarre bien avant puisque c’est à l’âge de 11 ans qu’il commence à dessiner des histoires pour ses copains d’écoles.

Lorsque l’un de ses amis lui propose de faire un album avec les pages d’une histoire enfouies au fond de son cartable, il saute sur l’occasion : “L’histoire s’appelait Carapaces, c’est une histoire essentiellement noir/blanc. Je l’ai commencé au Collège, je ne l’avais pas tout à fait fini, j’ai enchaîné avec du service militaire pendant quatre mois juste après ma matu et donc je l’ai terminé à l’armée. Pis bon, ça tombait assez bien parce que ça parle de l’histoire d’une recrue militaire qui, le premier jour de son service au lieu de recevoir un casque, reçoit une tortue et puis en fait après il se la trimballe pendant toute l’histoire sur sa tête. C’est un peu une histoire antimilitariste malgré le personnage (rires).”

Des études aux Beaux-Arts à la naissance de Franky Snow 

Son inspiration ? L’école de bande dessinée franco-belge créée en 1946, plus particulièrement Jean Dupuis et son personnage tout de rouge vêtu, Spirou. A la fin de ses obligations militaires, Buche entra aux Beaux-Arts, aujourd’hui Haute Ecole d’Art et de Design, sans toutefois travailler sur la bande dessinée qui l’anime tant. A cette époque, cet art est encore trop marginal pour avoir sa place dans les écoles suisses et n’était réservé qu’à celle d’Angoulème (France) ou de Belgique. Artiste sous toutes les coutures, il fit du film d’animations, de la gravure et même de la sculpture pendant ses cursus, non sans oublier la BD qu’il continua pendant ses heures de libre à la maison.

Au début des années 90 naquit de sa première collaboration avec le scénariste Christian Perrissin, les aventures d’Hélène Cartier : A la Poursuite du Prince Charmant (1992) et La Rivière du Grand Détour (1993). Par la suite, Philippe Chappuis (Zep), qui venait tout juste de démarrer Titeuf, lui proposa de faire partie du journal Tchô!, autour de son personnage et au sein duquel il y aura plusieurs autres bandes dessinées : “On s’est retrouvé une fois à quatre auteurs chez lui, avec l’éditeur et puis on a commencé à regarder comment on pouvait faire un journal etc…Et Franky Snow a commencé entre guillemet sa carrière dans le journal, dans le numéro 0. C’est une aventure qui s’est poursuivie jusqu’à il y a deux-trois ans en arrière”.

Mais qui est Franky Snow ?

Pour ceux qui ne connaissent pas, Franky Snow est une BD humoristique mettant en scène les aventures d’un personnage à la houpette bleue du même nom et de sa bande de copains, passionnés de sport de glisse. Le premier numéro “Slide à mort” paru en 1999 est le premier d’une longue série que Buche perpétua pratiquement chaque année. Au bout du 7e album, Franky fit son entrée à la télévision, “un dilemme, nous dit Buche, puisqu’on sait que la qualité ne sera pas la même en tout cas au niveau du dessin. On sait que les histoires seront différentes parce qu’on peut jamais adapter tel quel une bande dessinée en dessin animé. La BD pour moi, c’est un format “gag”, des petites histoires très courte et y raconter en dessin animé ça prendrait peut être une minute de film et en général, les formats sont plus grands que ça. On a donc opté pour un format de treize minutes, une histoire un peu plus fournie”. Un travail différent pour Buche qui a pu participer à l’écriture ainsi qu’à l’aspect graphique des personnages et des décors.

Aux dernières nouvelles…

Dernièrement, notre auteur et dessinateur a retrouvé Christian Perrissin, et c’est encore une fois en duo qu’ils ont créé un roman graphique, à l’histoire unique (pas destiné à avoir de suite). Ce roman raconte l’histoire d’un pilote des années 30 transportant du courrier postal entre le Chili et l’Argentine, survolant ainsi la Cordillère des Andes et tous ses dangers. BD à part, Buche c’est aussi des affiches dédiées à divers événements genevois comme Le grand nettoyage des rives de Net’Léman ou encore, et pour notre plus grand bonheur, l’affiche de la 39e Course de l’Escalade des 2 et 3 décembre prochain. Trêve de discours, les enfants trépignent d’impatience…Et pour cause : la deuxième partie de cette joyeuse rencontre permit à ces derniers de proposer leurs idées d’histoire, que Buche illustra le sourire aux lèvres et armé de sa plus belle encre noire.

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Photo du profil de Sivanah Lachavanne
Franco-suisse de 24 ans ou ferneysienne-genevoise mais surtout fière de pouvoir combiner ces deux entités au niveau culturel, politique et économique.
Etudiante en Master Science du Langage et Histoire moderne
La micro-actualité n'est pas le sous-domaine de l'actualité, au contraire !
Ouvrons nos yeux et nos esprits à la ville, pour une information accessible.

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