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Un lieu de parole et d’écoute ouvre aux Eaux-Vives

Un lieu de parole et d’écoute ouvre aux Eaux-Vives

Début février, je me suis rendue à une rencontre du lieu d’écoute et de parole qui a démarré aux Eaux-Vives au mois de janvier. Un jeudi soir sur deux, tout le monde – habitant du quartier ou pas – a la possibilité de venir librement et gratuitement participer à cette rencontre. Le but est de permettre aux gens de se décharger d’un poids ou d’un souci.

Une méthode qui vient du Brésil

Denis Volery est à l’initiative de ce lieu. Jeune retraité, il a toujours travaillé dans le domaine social. C’est en fin de carrière que Denis expérimente l’espace d’écoute, de parole et de lien selon la méthode d’Adalberto Barreto. Ce psychologue brésilien avait inventé les bases de cette méthode en aidant, dans une favela, des paysans migrants à reconstruire leurs cabanes, leur communauté et donc leur identité.

Intéressé par cette façon de travailler et souhaitant lancer quelque chose dans son quartier, Denis suit la formation Barreto à la Haute Ecole de Santé de Genève en février 2013 pour devenir facilitateur.

Les motivations de Denis 

Il s’avère difficile de s’arrêter de travailler du jour au lendemain pour Denis, passionné par le contact humain, et qui souhaitait maintenir une activité qui lui tient cœur. «J’aime les contacts humains, je pense que l’homme et la femme, malgré tous les malheurs qui peuvent tomber sur eux, sont foncièrement faits pour le bonheur, que ce dernier est à chercher aussi bien dans les choses simples que dans les combats de tous les jours…», explique Denis. Et pourquoi ne pas du coup faire ceci dans son quartier?  Une chance donc pour les Eaux-Vives ! Denis a pu monter ce projet avec le soutien des UAC et les rencontres ont lieu à l’Espace Quartier.

Les règles d’une rencontre

Lors de ma visite, une dizaine de personnes étaient présentes, dont deux autres des bénévoles porteurs du projet avec Denis, Micheline Demelais et Danièle Dominicé. Denis a recruté parmi ses connaissances pour monter ce projet, comme me l’expliquera plus tard Christian Joyeux, un autre jeune retraité, qui fait également partie du groupe de bénévoles.

Le lieu est ouvert à toute personne, de toute origine, âge, etc.

C’est donc Denis qui anime le groupe ce soir là.  Il commence en parlant de ce qu’il ressent et c’est comme cela qu’il pose la règle principale, s’exprimer en son nom propre, parler en utilisant le « je ».

C’est Danièle, psychologue, qui développe en détail les règles protectrices qui permettront au groupe de ne pas s’éparpiller. Parler en « je » donc mais aussi écouter, ne pas donner de conseils, ne pas proposer de solutions. Tout se passera dans le respect et le non-jugement. On peut  aussi chanter, réciter un poème ou dire un proverbe quand on veut. Tout est confidentiel. Enfin, on n’est pas obligé de prendre la parole, on peut entrer et sortir quand on veut, avec ou sans raison. Danièle a aussi suivi la formation de Baretto récemment, et en est ressortie enchantée: « On voit qu’il connaît son sujet »

Objectifs d’une séance

Le cadre est donc sécurisé et les personnes présentes ont plutôt l’air à l’aise. Pas facile de se dévoiler devant des gens qu’on ne connaît pas ? Cela n’a pas l’air de poser problème, au contraire même.

La séance est donc ouverte. Chacun se présente, donne son nom et une information de son choix, puis la raison de sa venue. Certains sont venus juste pour écouter, d’autres pour aider, d’autres encore pour partager voire même pour rencontrer des gens.

Puis vient la question de qui souhaite partager quelque chose? Chacun peut poser des questions pour faire préciser la problématique. Si plusieurs personnes veulent partager un problème, le groupe devra voter et décider de quel sujet traiter, en expliquant en quoi ça lui parle, au niveau du ressenti, pas de la situation.  La personne qui ne pourra partager son problème pourrait se sentir frustrée mais Denis explique qu’elle peut toujours revenir, ou en discuter après la réunion avec les bénévoles.

J’assiste en tout cas à la puissance de cet outil de transformation. L’idée n’est pas de créer un groupe mais bien de créer un espace de fraternité et de bienveillance où l’on peut déposer des choses lourdes, des soucis. La méthode M. Adalberto Barreto est en somme assez simple. Une personne partage une expérience de vie, et puis grâce à l’échange va pouvoir trouver des ressources à travers des valeurs et des points communs.

Les ressources de la communauté

A l’heure où beaucoup de gens semblent isolés, c’est en tout cas intéressant de voir de beaux projets comme celui-ci, qui en appellent à la communauté. L’Association Européenne de thérapie communautaire intégrative qui développe la méthode Baretto depuis des années, résume parfaitement cette idée sur son site internet, méthode applicable bien au-delà des favelas : « La Thérapie Communautaire ne se réduit pas à une aide individuelle des participants. En valorisant les compétences locales, elle crée une dynamique et permet l’émergence d’une conscience collective et d’un engagement citoyen. A travers les échanges et la réflexion, elle incite la communauté à prendre des initiatives, à répondre elle-même à ses besoins et plus amplement, à ceux de la favela toute entière. »

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Photo du profil de Sylvie Meynier
Formatrice pour adultes et coach en insertion professionnelle, je suis passionnée d'écriture, de lecture, mais aussi de méditation, yoga et reiki.

J'adore Genève et je pense que contrairement aux idées reçues, il y a de quoi faire dans cette ville. C'est un petit coin de paradis .-)

4 commentaires

  1. Photo du profil de Pascal Desthieux

    Magnifique initiative !

    Répondre
  2. Merci à Sylvie pour ce bel article.
    Pour les personnes intéressées, j’ajoute les prochaines dates des séances d’écoute et de parole aux Eaux-Vives: chaque premier et troisième jeudi du mois, soit le 3 avril, le 17 avril, le 1er mai, le 15 mai, le 5 juin et le 19 juin, de 17.30 heures à 19 heures, à l’Espace-Quartier, Rue de Montchoisy 46, 1er étage.
    Bienvenue!

    Denis

    Répondre

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