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Des caravanes de KNIE dans les hauts des Eaux-Vives !

Le campement de Knie sur la Place Sturm Les caravanes de Knie sur la Place Sturm En haut des Glacis de Rive on aperçoit le campement Les caravanes de Knie sur la Place Sturm Les caravanes de Knie sur la Place Sturm Les caravanes de Knie sur la Place Sturm L'Eglise Orthodoxe Russe en décor de fond pour les artistes D'autres caravanes stationnées au quai des Vernets D'autres caravanes stationnées au quai des Vernets Les caravanes confinées derrière des grillages Le Cirque Knie parmi les travaux de la Plaine... Les caravanes confinées derrière des grillages Les caravanes confinées derrière des grillages A côté du campement, la structure en bois pour le spectacle ZUP Le logo KNIE caché derrière les barrières
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A côté du campement, la structure en bois pour le spectacle ZUP

Eh oui, c’est assez inhabituel pour le mentionner. Pourtant, pas de chapiteau ni de ménagerie dans les alentours, ni devant le Muséum d’Histoire Naturelle ! Effectivement, lorsqu’on monte les Glacis de Rive pour rejoindre la rue Ferdinand Hodler, quelle surprise de découvrir tout un campement avec le logo Knie sur les caravanes et les véhicules !

C’est plus précisément sur la Place Charles Sturm, à deux pas de l’Eglise Orthodoxe Russe et plutôt dans le quartier de la Cité, que l’on peut observer cet étrange camping temporaire : il accueille notamment des artistes et des chefs de service du cirque national suisse. On se rappelle qu’en 2009, au même endroit, se trouvait la fameuse grande roue qui y avait pris ses quartiers pour une saison.

Mais alors que se passe t-il, pourquoi des roulottes si loin de la Plaine ? Il faut dire qu’avec les travaux de reconfiguration et l’agrandissement des allées périphériques de la Plaine de Plainpalais, et la proximité de la grande structure éphémère en bois qui accueillera en septembre le spectacle ZUP, l’espace normalement dévolu au Cirque Knie dès fin août s’est considérablement restreint cette année. Même la ménagerie a dû limiter sa surface. Et les différents étals du marché aux légumes le mardi, vendredi et dimanche, comme les puciers le mercredi et le samedi, eux-mêmes déjà bien perturbés par des déménagements successifs, occupent aussi maintenant les allées transversales, à même le gorrh. Pas évident de faire cohabiter chacun d’entre eux le plus harmonieusement possible…

D’ailleurs il n’y a pas que la Place Sturm qui est « squattée » par les gens du voyage, en plus de quelques « îlots » sur la Plaine, comprenant la Direction, les bureaux, les roulottes des ouvriers marocains et polonais du chapiteau : d’autres caravanes sont en effet alignées le long du quai des Vernets, près du Centre Sportif et la Piscine Municipale. Un endroit idyllique au bord de l’Arve, bercé par les flots et le chant des oiseaux perchés dans les grands arbres qui procurent une ombre agréable aux campeurs ? Pas tant que cela. Les employés du cirque occupant ces lieux ont constaté qu’on installait promptement des barrières autour de leur campement : interloqués, on leur a donné cette réponse : « avec les matches de hockey, c’est parfois assez chaud à cet endroit… » !

On se demande pourquoi tout ce petit monde n’a pas été logé sur la place d’arme et la pelouse déserte de la caserne des Vernets, là où le chapiteau avait d’ailleurs été érigé en 2009 durant les premiers grands travaux de réfection de la Plaine ? Actuellement, les artistes et les employés qui doivent quotidiennement faire les allers-retours d’un emplacement à l’autre n’ont pas la tâche aisée : ils deviennent presque de nouveaux « pendulaires », dans un trafic toujours plus encombré, surtout depuis la rentrée ! Est-ce que Rolex, situé un peu plus loin, n’aurait pas émis un préavis négatif ? Des « gens du voyage » sous ses fenêtres… alors qu’on a délogé les Roms qui venaient dormir sous le fameux pont voisin !

Il faut dire que même sur la Plaine, les conditions de séjour ne sont plus ce qu’elles étaient à l’époque. Pour la famille Knie, cet endroit était considéré autrefois comme l’une des places favorites de toute la tournée : centre-ville à proximité, comme les lieux de loisirs, les magasins, les restaurants, les transports publics, notamment. Et tout le monde se trouvait regroupé sur le même terrain, à côté du chapiteau et ses installations. Le public était plus respectueux du petit « village » Knie, aucun quidam ne déambulait jadis entre les roulottes : la lessive séchait librement sur des étendages, les jouets des enfants, les barbecues et les vélos passaient la nuit dehors, sans risque de disparaître.

Mais depuis 2008, le campement s’est vu confiné derrière d’imposantes barrières et des grillages, suite à des problèmes de vols et de déprédations : un coût supplémentaire dont Knie se serait bien passé, celui-ci s’ajoutant aux différents frais et taxes de location de l’emplacement. Une année, un artiste qui regardait tranquillement la télévision dans sa caravane, a vu soudainement son appareil se déplacer sur le côté : deux mains venues de l’extérieur tentaient de dérober le téléviseur par la fenêtre entrouverte, en plein jour ! Déplorable anecdote.

A la Place Sturm, bien qu’il y ait toujours quelqu’un sur place pour veiller sur les véhicules et les biens, nombre d’artistes laissent leurs chiens dans les caravanes lorsqu’ils sont au spectacle : d’autres sont équipés d’alarmes et la Police Municipale a renforcé ses patrouilles. C’est bien triste à l’heure actuelle de devoir prendre toutes ces mesures pour se sentir en sûreté, alors que les artistes de cirque avaient tendance autrefois à laisser souvent leurs portes ouvertes…

Quant à la Plaine, il faut voir dans quel état elle est laissée au petit matin, après les rassemblements nocturnes les plus bariolés, parfois ponctués de bagarres ou de rixe au couteau : le sol est jonché de mégots, bouteilles vides, boîtes de bière et autres déjections, sans parler des odeurs d’urine et parfois de vomissures…

Quelle image de notre ville vont garder à l’esprit des artistes venus du monde entier, comme les autres employés d’horizons divers ? Alors que le cirque nous apporte des moments de joie, de poésie, d’émerveillement, de rire, on lui offre de l’insalubrité, des vols, de l’insécurité, des dealers, des Roms… Sans parler du gorrh, ce fameux granit concassé et sa poussière rouge, qui s’immisce dans toutes les roulottes lorsqu’il a du vent, ou colle aux semelles des chaussures d’une manière tenace…

Malgré tout cela, ne manquez pas cependant d’aller assister au nouveau spectacle « Wooow! » du Cirque Knie « . Il sera à Genève jusqu’au 14 septembre 2017.

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Photo du profil de Jean-Pierre TAUXE
Décorateur de premier métier; une expérience d'une année dans les coulisses du Cirque Knie pour écrire un premier livre; formation d'éducateur sport et loisirs pour personnes handicapées ou en difficulté d’adaptation, puis de maître socio-professionnel à l'EESP de Lausanne.

Il reprend plus tard la responsabilité de l'Atelier d'Animation à l’Hôpital Beau-Séjour. En août 2013, il partait en préretraite après 23 ans de "bons et loyaux services". L’Atelier qu'il animait, cher aux patients hospitalisés qui bénéficiaient ainsi d'instants de loisirs et de moments de répit bénéfiques à leur moral, a été maintenu à 50% durant une année après son départ. Menacé de fermeture à cause de projets institutionnels et mesures d'économies aux HUG, ce centre a pourtant disparu en juillet 2014, avec le départ du second animateur à temps partiel.

Jean-Pierre Tauxe a alors publié un autre ouvrage, qui retrace ces deux décennies à la tête de l'espace de loisirs de Beau-Séjour : rétrospective d'événements exceptionnels, organisations socioculturelles originales, récits et anecdotes et également nombre de témoignages de patients.

Ce livre peut être commandé en laissant les cordonnées sur le site web de l'Amicale de l'Atelier d'Animation, rubrique en bas de page "Plus d'Info". Titre : "l'Atelier d'Animation ou comment offrir un 'supplément d'âme' aux patients séjournant à l'hôpital". 180 pages, 58 illustrations en couleur, format 14,9 x 21,1, broché, 24.- Frs + 4.- Frs de frais d'envoi pour 1 exemplaire.

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