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Bella Meccanica, un atelier qui fleure bon la chromerie

Roberto Bianco dans son atelier. © FFF
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Roberto Bianco dans son atelier. © FFF

À la Jonction, un passionné de motos lookées «café racer» retape et personnalise des deux-roues des années 90. Présentation.

Dans un style chic décontracté, Roberto Bianco, dont je perçois d’emblée l’évidente bonhomie, peut-être empreinte de ses origines familiales italiennes, ou plus certainement du fait de sa propre façon de se trouver à autrui, m’accueille dans son arcade Avenue de la Jonction. Je lui détaille le «menu»: on se présente, il m’expose ses modes de faire et ses sensibilités, et on prend quelques photos. Lui aussi a prévu quelques nourritures, et c’est donc spontanément que nous entamons notre échange autour d’apéritifs solides et liquides.De prime abord, il semblerait que «sa faculté et son envie de démonter les choses, pour comprendre comment ça fonctionne», aient forgé son tempérament manuel et l’aient naturellement conduit à se spécialiser dans la mécanique automobile.Cette dernière pourvoyait alors son portefeuille, mais c’est la mécanique moto qui l’animait déjà et l’exaltait davantage, au gré des «bricoles» entre potes, et des sorties associées, en pratique «enduro» notamment.

Quatre années perdues
Et puis les aléas de la vie sont venus embarrasser ses projets. «J’ai vécu un accident de scooter et j’ai perdu quatre années (de 2001 à 2004). Avec ma main abîmée, soutenue par des vis, j’ai dû me reconvertir.» De nature bricoleur, et puisant dans ses connaissances en réparation automobile, il choisit la voie de l’informatique et de l’audiovisuel.Roberto embrasse alors le monde de l’enseignement et de la transmission, en devenant «assistant technique en technologies de l’information et de la communication» à l’École de commerce Aimée-Stitelmann.Fidèle à ses premiers amours, et passablement soutenu par son épouse, il se fixe finalement le challenge d’ouvrir son propre atelier. En 2019, l’étape du business plan parachevée, il déniche un local occupé auparavant par un mécanicien auto, puis par un sellier Il se décide donc à diminuer le pourcentage de son activité première afin de s’adonner à ce nouveau projet.«J’ai commencé à personnaliser des motos, à les customiser (les transformer), j’aime les anciens moteurs à carburateur», dit-il. Lors de cette année, Roberto restaure dans son coin et concocte ses premières créations, en vue de l’ouverture qu’il aurait souhaitée en mars 2020, lorsque la pandémie nous a accablés«Le café racer, c’est un mouvement né après la Seconde Guerre mondiale, où les gars dépouillaient les motos, pour gagner en performance (en poids) et puis ils se tiraient la bourre de bar en bar. Ça a émergé en Angleterre, des motos agiles et allégées, ça marche bien sur les routes sinueuses de là-bas. À l’inverse, aux États-Unis, les gaillards étaient plutôt sur de la grosse cylindrée, bien coupleuse, pour tracer sur de longues routes droites»Je comprends donc que récemment, ce concept a été quelque peu récupéré par des marques, au même titre que le «néorétro», courant cher à Roberto, et qui consiste à remettre au goût du jour des esthétiques du passé.Je tente: «Un supplément d’âme?» Il acquiesce. Je perçois alors que le bricoleur participe à l’octroi d’une telle qualité aux deux-roues qui pénètrent son atelier. Il me le confirme. «J’achète des motos, en Suisse principalement, je les démonte de A à Z, puis je les customise.» Au-delà du service moteur et de la partie cycle complet, ces modifications concernent les carénages, la sellerie – sa mère cousait pas mal – et plus globalement l’allure générale qu’il a plaisir à enjoliver, en cherchant toujours des composants «nobles». Seule la peinture lui échappe; respirer des solvants ne l’enthousiasmant ni lui ni sa compagne attentive.

Faire durer les objets
«Ça me tient à cœur de faire durer les objets longtemps, c’est un peu ma philosophie. Je suis contre l’accélération, d’aller toujours plus vite; c’est important de prendre le temps de vivre et d’apprécier, de réparer» Il me confiera que certains revers, à l’instar de son accident, ou de la récente crise pandémique, l’ont amené à prendre une certaine hauteur sur les événements terriens. Cette perspective lui confère une inclination à volontairement appréhender la vie de façon plus favorable.Toujours en lien avec cette question de vitesse, Roberto me dit qu’il aime «rouler avec un autre esprit». Cet autre esprit, à l’inverse de celui qui consacre la performance, il le vit en «écoutant son moteur» et ses variations de tempo, voire en devinant quelques flammèches qui s’échappent du pot d’échappement. Il s’agit aussi de composer avec des mécaniques et un style substantiellement différent d’aujourd’hui. Derrière tout ça, un éprouvé fondamentalement nourri par l’amour de la bricole et certaines affinités esthétiques, le tout supplémenté d’une touche d’éthique et de sens.Quant à la famille de Roberto, qu’il appelle même sa grande famille, il tient à lui adresser ses remerciements les plus sincères pour son aide dans sa vie et ses projets.

Plus d’infos sur: https://bellameccanica.ch/ Adresse: 13, avenue de la Jonction, 1205 Genève

«J’aime les anciens moteurs à carburateur.» Roberto Bianco Mécanicien

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Photo du profil de François-Florimond Fluck
Géographe et curieux du monde qui vient et des sociabilités qui alimentent nos expériences urbaines, j'ai à coeur de cultiver mon étonnement et de questionner des usages et pratiques qui participent à l'animation de Genève et alentours.

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