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Au Petit-Saconnex, une Boîte à Livres nous délivre des soucis du quotidien.

Des reflets aguichants.© René Magnenat Des bancs bien placés.© René Magnenat Catherine, Arlette et Josiane ouvrent la cabane. © René Magnenat
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Catherine, Arlette et Josiane ouvrent la cabane. © René Magnenat

Il était une fois, une cabine téléphonique devenue désertique. Presque plus personne ne s’y aventurait, si ce n’est pour se mettre à l’abri d’une averse ou d’une rafale de bise noire. Swisscom et la Ville de Genève tombèrent d’accord pour la transformer en refuge pour livres en quête de lecteurs. Le temps des travaux pour construire la place du village, la cabine fut installée sous l’école primaire de Budé, exposée à un trafic assez dense qui ne facilitait pas la tranquillité nécessaire à la découverte de chouettes bouquins, puis une fois le chantier terminé, on la remit où elle se trouvait autrefois, sur la belle place nouvellement pavée. C’est au printemps 2021, en pleine pandémie que la boîte à livres a pris ses quartiers. De tels abris existent presque dans tous les secteurs de la ville et un peu partout, en campagne également. Parfois ce ne sont que d’anciennes boîtes à journaux dont les titres ont disparu de notre quotidien. Mais celle de mon quartier est exemplaire, gérée avec compétence, dévouement et je dirais même tendresse par trois sympathiques habitantes bénévoles. Mesdames Arlette Aebi, Catherine Demolis et Josiane Prelaz, toutes trois membres de l’Association des Habitants du P’tit Sac y consacrent une bonne partie de leur temps libre. Un temps qu’il s’agît de planifier.

Ouvrir et fermer la boîte

C’est qu’il faut de l’entretien pour garder le lieu propre. Chaque soir, on ferme la boîte à clé et chaque matin on vient l’ouvrir. Ces tâches sont effectuées à tour de rôle. Mais il est aussi nécessaire de nettoyer car des visiteurs y laissent quelquefois des détritus de pique-nique ou des canettes de boisson. Il faut trier les bouquins pour enlever les ouvrages déchirés ou mouillés ou en trop mauvais état. Il faut un bon coup de balai de temps à autre et parfois effacer des tags ou effectuer de petites réparations. Il n’y a heureusement que très peu de déprédations, mais il arrive que quelques objets qui n’ont rien à y faire y soient déposés, un laisser-aller qui fait hélas partie des impondérables de notre société de grande consommation !
Une centaine de livres garnissent les rayons installés gratuitement par un menuisier du coin. On peut y dénicher une grande variété d’ouvrages, des livres d’enfant au bas de la cabane, des romans de toutes sortes, romans de gare ou polars et des ouvrages de culture générale ou scientifiques, des récits de vie et biographies de personnages connus ou pas. Des documentaires sur les animaux domestiques ou effrayants. Des ouvrages de psychologie et éducatifs y figurent en nombre. On pouvait même récemment y jeter un œil coquin sur les illustrations du Kâma-Sûtra. On entendra parfois dire . « A quoi bon avoir de telles institutions ? Il y a des bibliothèques dans chaque secteur ? » La réponse est simple : « On peut garder pour soi le livre qui vous plait réellement, pas besoin de le rendre comme à la bibliothèque ! »
Le dernier rayon est réservé aux publications en langues étrangères, principalement en anglais, en allemand, en espagnol, en portugais, en italien mais aussi en japonais ou en chinois, car le Petit-Saconnex est un arrondissement au caractère très international.

Un lieu de rencontres
La cabane à bouquins du Petit-Saconnex n’est pas uniquement un lieu de dépôts et d’emprunts, c’est aussi un lieu de rencontres. Il arrive souvent que deux ou plusieurs amateurs y discutent à bâtons rompus de leurs découvertes et intérêts littéraires. Des amitiés se sont développées dans la cabane et autour d’elle. L’endroit est vraiment propice avec les nombreux bancs de bois harmonieusement installés de chaque côté, où on vient lire mais aussi pique-niquer ou boire un coup.
On ne peut que souhaiter qu’en ces temps difficiles, les bonnes habitudes de faire circuler les bouquins – sans que l’argent soit un frein pour certains – se perpétuent. Alors, vive la Boîte à Livres du Petit-Saconnex et vivent toutes ses sœurs qui occupent d’autres places. Un grand merci aux personnes qui œuvrent pour garder les cabanes en parfait état.

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Photo du profil de René Magnenat
Enseignant retraité. Prof de sports et maître d'internat à l'Ecole Internationale de Genève et à la Châtaigneraie, il a ensuite enseigné au Cycle d'Orientation la gym, le français, l'information professionnelle, l'initiation au théâtre et au cinéma. Marié, trois filles adultes, il pratique la randonnée, l'écriture, mais à cause du Covid 19, il se languit du chant et du théâtre.

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