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Célia, le rayon de soleil de La Plaine

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Quiconque habite le petit village de La Plaine connait Célia Marques-Patricio. A quarante-cinq ans, celle qui aime se décrire comme « un peu fofolle » est la patronne de la boulangerie et du tea-room de La Plaine, un petit village g’nevois situé en contrebas de Russin, coincé entre le Rhône et l’Allondon, où il fait bon vivre. Rencontre avec une figure phare de la commune de Dardagny qui rayonne. Littéralement.

Arrivée en Suisse en 1992 à l’âge de 19 ans, elle enchaîne les petits boulots, comme celui de femme de chambre dans un hôtel, à Obersaxen, dans les Grisons. Puis elle pose ses valises à Dardagny. Elle n’en repartira plus. Pour son plus grand bonheur. Et pour le nôtre. « J’ai la Suisse dans mon cœur », me confie celle qui est devenue un pilier du village. De serveuse au petit tea-room de La Plaine, elle en deviendra propriétaire : « C’était en 2003 », me raconte Célia, des étoiles plein les yeux. « Cela faisait 4 ans que j’y travaillait, et lorsque j’ai eu l’occasion de le reprendre, je n’ai pas hésité. J’aime cet endroit ! » Cela a-t-il été difficile ? « Pas du tout. Au contraire. J’y avais mes marques, les clients me connaissaient et m’appréciaient. La transition a été très facile. Peu à peu, je me suis approprié les lieux, par petites touches. Et encore maintenant, j’essaie d’améliorer ce qui peut l’être, de le moderniser. »

Cette petite échoppe, une des rares que compte ce petit village proche de la frontière, propose du pain frais et des pâtisseries six jours sur sept. Elle fait aussi office d’épicerie, avec des produits de première nécessité, mais également du terroir, comme les œufs provenant de la Ferme du Lignon, ou le lait en arrivage direct des Laiteries Réunies de Genève. Le choix de vins de la région – et dieu sait s’ils sont bons – est également important. Et il y a le tea-room. Deux tables en terrasse, cinq à l’intérieur, ce n’est pas immense, mais l’espace est suffisant pour que chacun y trouve sa place.

Mais la grande force de cet endroit, c’est bien sa patronne elle-même, d’une bonne humeur franchement communicative. Toujours souriante, pleine de joie de vivre et connaissant chacun de ses clients par son prénom, elle a réussi à créer autour d’elle une véritable communauté qui se retrouve et se croise au fil de la journée. « C’est assez petit ici », m’explique Celia. « Il y a peu de tables et souvent, des gens qui ne se connaissent pas s’y retrouvent assis ensemble. Ils font connaissance et cela crée des liens, c’est parfois magique. » En effet, à l’intérieur, l’espace est compté. Mais l’ensemble est décoré avec goût et dégage une chaleur conviviale.

Pourtant, ce n’est pas facile tous les jours. Célia n’aime pas en parler et il me faudra de la persuasion pour qu’elle se confie un peu à moi. « Bien sûr, dans cette région frontalière, ce n’est pas évident. La baguette de pain à nonante centimes d’euros, je peux faire ce que je veux, impossible de m’aligner » Que faire alors ? « Miser sur la qualité. Mon pain, GRTA, vient de deux fournisseurs Genevois (l’Epi Doré, à Plainpalais, et la boulangerie Jenny, à Châtelaine) et il est excellent ! » Je ne peux d’ailleurs que vous le conseiller. « Chaque produit que je vends ici est un produit que j’aime, et que je consomme moi-même. Les gens le savent, et ils me font confiance, sinon ils ne viendraient plus. Je suis très attentive à l’avis des clients. C’est pour eux que je fais cela ! » Petit coup de cœur pour le café, très justement équilibré entre force et amertume. On peut aussi y trouver des paninis et des sandwichs maison, faits à la minute, ainsi qu’un assortiment de pâtisseries et quelques gâteaux, même si ces derniers sont souvent disponibles sur commande uniquement. Car tout est une question d’équilibre fragile entre l’offre et la demande, car le gaspillage n’est pas ici une chose envisageable.

Les habitants viennent-ils souvent faire leurs courses ici ? « J’imagine que certains pensent que mes prix sont trop élevés. Mais ils ne se rendent pas compte que je paie la marchandise presque au même prix qu’eux. Et qu’ensuite, il y a un loyer et des charges à payer ». Et, accessoirement, un salaire. « Moi, tant que j’arrive à vivre, ça me va. Bien sûr, les belles années sont derrière moi. Mais j’ai un métier de rêve. Je me lève chaque matin avec l’envie de venir travailler. Et ça, ça n’a pas de prix ! »
Point central du village, la petite boulangerie est un vecteur essentiel de la vie de la commune. Et c’est tant mieux ! « Sans le tea-room, je peux mettre la clé sous la porte. C’est lui qui me fait vivre. Au sens propre comme au sens figuré » me glisse Célia, sans quitter son sourire malicieux. Un sourire qui, sans qu’elle n’en aie forcément conscience, est devenue sa marque de fabrique. Puissamment communicative.

Reste une saison particulièrement difficile : l’hiver. « Avec les beaux jours, les gens sortent, font du vélo, vont à la plage. Mais en hiver, le froid pousse les gens à rester au chaud et le village est presque désert. C’est moins évident pour moi. » Alors cet hiver, s’il devait vous arriver de manquer de pain ou de chasselas pour accompagner votre fondue, foncez chez Célia. Elle vous dépannera volontiers, et avec le sourire.

Boulangerie et Tea-Room de La Plaine.
Chemin du Rail 4
1283 La Plaine
Fermé le lundi après-midi et le mardi toute la journée.

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1 commentaire

  1. Le 24 août « fêtes » lui la bise

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