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Un conte réaliste et onirique.

Pure coïncidence ou clin d’œil météorologique, c’est par une semaine enneigée que le festival Black Movie propose la projection du deuxième film du jeune réalisateur Vitaly Suslin, un conte slave contemporain dans lequel les immenses étendues de neige, d’une blancheur immaculée, le disputent aux lumières bigarrées de la ville. Belle métaphore de la trame du récit dans lequel l’innocence d’un jeune berger de coopérative est mise à mal par la perfidie de délinquants dénués de morale. Énigmatiquement intitulé Une tête deux oreilles, ce long-métrage, basé sur une histoire vraie, relate les mésaventures d’un jeune provincial sans-le-sou qui cède aux sirènes d’une vie meilleure à la ville. Appâté par le mirage de la réussite que lui fait habilement miroiter un couple de malfrats sans foi ni loi, Ivan accepte d’entrer dans le mensonge et la malhonnêteté mais se fait abandonner dans le froid glacial d’une nuit hivernale, une fois sa tâche accomplie.
Contrastant avec la dureté du récit, la beauté de certains plans ne fait qu’amplifier la laideur morale et la manipulation perverse émanant du couple d’escrocs, des individus froidement détachés de leurs actions et totalement déshumanisés par l’appât du gain. Les couleurs vives des séquences oniriques s’opposent ainsi à la palette, de couleurs réduite, des séquences ancrées dans la brutale réalité de la ville et la pauvreté du village.
Initialement dépeint comme un anti-héros, le personnage principal se transforme, peu à peu, au cours de sa pérégrination à travers la ville, toute emplie d’abnégation et de résignation, en un véritable héros. Les pathétiques tentatives que ce dernier entreprend pour s’en sortir, envers et contre tout, sont véritablement poignantes et l’élèvent ainsi au statut de héros universel.
Tourné sans précipitation, dans un rythme dont la cadence poétique rappelle les films du célèbre réalisateur Andrei Tarkovsky, ce long-métrage mérite véritablement le détour.
Prochaine séance: Cinélux, le 26.01.2019 à 21 heures.

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Photo du profil de Sarah Cheang
Je suis née à Genève où j'ai grandi et fais des études de Lettres qui m'ont permis de séjourner longuement à Moscou et Londres. Actuellement basée à Genève, j' enseigne la langue russe à la fondation Culture & Rencontre et travaille en tant que traductrice indépendante.

Centre d'intérêt: vie culturelle genvoise.

Contact: sarahossipow@upcge.ch

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