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L’attente est longue à Anières et Presinge

L’attente est longue à Anières et Presinge

Voici onze ans qu’Alison McCauley a posé ses valises à Genève, après une enfance nomade, rythmée par de nombreux déménagements. De ces multiples départs et arrivées est née une vocation artistique. Alison McCauley a d’abord été peintre, « puis je me suis rendue compte que mon intérêt principal était de documenter la réalité et que la photographie était l’outil le mieux adapté pour cela. J’ai alors fait des études de photographies, que j’ai terminées en 2009. Depuis, j’y consacre presque tout mon temps. »

Photographier les migrations humaines
Alison axe essentiellement son travail sur le thème des migrations humaines. « Cela vient sûrement en partie de mes expériences personnelles. J’ai souvent déménagé de pays en pays et, même si mes expériences n’ont pas été très difficiles, je comprends un peu le fait de quitter une vie pour recommencer à nouveau ailleurs. » C’est dans ce cadre, qu’en juillet 2013, elle commence à photographier les requérants d’asile vivant dans les centres d’accueil d’Anières et de Presinge. « Mon projet a été accueilli de façon très positive par l’Hospice général. Je pense que nous sommes sur la même longueur d’ondes et qu’ils voient dans ce projet la possibilité d’un partage positif entre les requérants et le public. D’ailleurs, nous projetons de réaliser un livre  prochainement.»

Des requérants en attente
A travers ses photos, Alison McCauley veut montrer la vie quotidienne des requérants d’asile et les difficultés auxquelles ils doivent faire face. Elle souhaite que le public puisse s’identifier à ces hommes, ces femmes et ces enfants, obligés de fuir leurs pays, laissant derrière eux leurs biens et leurs proches. « Pendant qu’ils attendent que leur demande d’asile soit étudiée, les requérants font tout ce qu’ils peuvent pour avoir une vie normale. C’est pour ces raisons que je souhaitais photographier les enfants qui jouent, les parents dans la cuisine ou en train de mettre le linge à sécher, les moments de repos et tout les autres petits moments de la vie que nous partageons tous. Je voudrais que les personnes qui voient mes photos réfléchissent aux raisons qui forcent une personne à fuir son pays. J’aimerais qu’elles se disent que si elles étaient nées ailleurs ou à une époque différente, cela aurait pu leur arriver. » Pour mener à bien son projet, Alison a passé beaucoup de temps avec les résidents, préférant les photos spontanées aux portraits plus posés. Cette approche demande beaucoup de temps et il lui est parfois arrivé de rentrer chez elle sans avoir pris une seule photo. « Beaucoup d’adultes étaient réticents à se faire photographier, par crainte. J’ai alors passé beaucoup de temps avec les enfants. Lorsque je souhaitais prendre en photo un adulte, je leur demandais la permission. Avec les enfants, c’était différent, ce sont eux que me demandaient de les prendre en photo. »

De l’émotion et des surprises
Au cours de son travail, Alison McCauley a été à tour de rôle émue et étonnée. « J’ai rencontré beaucoup de Syriens. Ils ont presque tout perdu, jusqu’aux membres de leur famille. J’ai aussi rencontré beaucoup de personnes qui ne viennent pas de pays en guerre, mais qui sont persécutées, voire menacées de mort, à cause de leurs croyances religieuses, de leur ethnicité, de leurs choix politiques ou de leur orientation sexuelle. Ces situations sont particulièrement choquantes, car les pays concernés sont souvent des pays estimés démocratiques et progressistes. Mais j’ai aussi été surprise par les enfants, par leur énergie positive, leur enthousiasme et leur capacité à récupérer des traumatismes qu’ils ont vécu. »
De ce travail est née une exposition, présentée en juin à Corsier. « Certains requérants sont venus à mon exposition et l’ont beaucoup appréciée. » Après une nouvelle exposition en août, à Fribourg, c’est à Lyon que l’artiste présentera ses photos, en septembre. Et en attendant qu’Alison McCauley ne revienne à Genève, vous pouvez consulter ses nombreux reportages et photos sur son site Internet.

 

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Photo du profil de Anne-Laure Roudaut
Habitant en Suisse depuis 15 ans, j'apprécie la vie au bord du lac et particulièrement à Corsier.
Frontalière à l'envers, depuis de nombreuses années, je vis en Suisse, tout en travaillant en France, et ai donc un regard particulier sur Genève et la frontière.

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