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A Veyrier-Etrembières, un Bicentenaire sans frontière

22 novembre | 15:11

A Veyrier-Etrembières, un Bicentenaire sans frontière

Dans le cadre des festivités du Bicentenaire commémorant l’entrée de Genève dans la Confédération, la ville de Veyrier organisait samedi dernier, « une journée entre 1813 et 1816 ». En marquant l’évènement conjointement avec Etrembières, les autorités ont choisi d’insister sur la période qui a précédé le rattachement d’une partie du bourg à Genève. Durant toute la journée, de nombreuses activités ont permis de revenir sur les liens qui ont uni les deux communes à cette époque, avant que leurs chemins finalement ne se séparent.

L’invention d’une frontière

Même si Veyrier fêtait le Bicentenaire le 9 mai de cette année, elle aurait pu tout aussi bien reporter l’évènement à 2016. Son rattachement définitif au canton de Genève ne se fit en effet qu’en octobre 1816, après une période mouvementée et plusieurs bouleversements territoriaux.

C’est ce qu’ont rappelé les comédiens des Tréteaux de l’Arvaz et des Barbares de Chocolat, sur la place de l’Eglise ce samedi matin, en reconstituant en costumes une partie de l’histoire. Depuis que la région est devenue française en 1792, de nouvelles entités administratives ont en effet été créées et les deux villages ne forment plus qu’une seule et même commune depuis 1813. Mais le 18 juin 1815 Napoléon est défait à Waterloo. Ce qui n’empêche pas les habitants d’assister ce jour même à la prestation de serment de leur nouveau maire François Portier, sous autorité française. Car les nouvelles arrivent avec retard. Les évènements sont décalés et le dénouement est encore incertain.

Moins d’une année plus tard, Veyrier est cédée à Genève à la faveur du Traité de Turin, à l’instar de nombreux autres villages savoyards rattachés à ce qui forme le nouveau canton. De son côté, Etrembières retourne à la Savoie avant de redevenir définitivement française en 1860.

Vous reprendrez bien un morceau d’histoire ?

Si l’histoire est relativement compliquée, tout a été mis en œuvre pour qu’elle soit digeste. A commencer par le repas, concocté par les restaurateurs et commerçants de la ville. Vers midi, une odeur parfume la place du Tibet. C’est le jambon au foin et la soupe aux légumes qui cuisent dans de curieux fourneaux. « Ca mijote depuis 6h30 ce matin » explique Philippe Neuenschwander, patron du Cercle du Salève, affairé entre autres avec Patrick Laporte du Café de la Réunion, dans leur cuisine improvisée.

Bien rassasiés, les habitants ont pu également goûter à d’autres distractions, toujours d’époque bien-sûr. Démonstration de danse, spectacles de rue mais aussi activités pour les enfants comme le jeu de l’oie géant du Bicentenaire ou encore le rallye-découverte. Organisé par la Mémoire de Veyrier, le groupement pour la sauvegarde du patrimoine historique, celui-ci a permis à petits et grands de re-découvrir de façon ludique quelques faces cachées de leur environnement local. « On en apprend des choses » dit-une habitante qui vient de terminer son questionnaire. Quant à l’exposition sur les ponts de l’Arve, préparée spécialement par l’historienne Corine Walker, elle a attiré des visiteurs curieux de comprendre notamment le développement du pont de Sierne.

Dans son château, Claude-François de la Fléchère himself, dernier comte de Veyrier et aussi maire des communes réunies nous a raconté l’histoire de sa famille tout en nous faisant faire le tour du propriétaire. Maintes fois transformée, cette bâtisse historique érigée dès 1769 par le père du comte, abrite aujourd’hui des appartements de haut standing. Surprise, les visiteurs ont même pu admirer la demeure du noble de l’intérieur. « Ce n’était pas prévu » confirme Jean-Denys Duriaux, président de la Mémoire. « Au dernier moment, un occupant du rez-de-chaussée a autorisé l’accès à son appartement ».

Unissant pour la troisième fois Veyrier et Etrembières dans le cadre de festivités, la manifestation a été accueillie avec succès. « J’ai beaucoup apprécié » remercie une visiteuse. « Je vis ici depuis 12 ans et je ne savais pratiquement rien du château », dit-elle. Le matin, une balade dans la campagne environnante avait également soulevé l’enthousiasme, en attirant une centaine de participants malgré le temps menaçant. Un Bicentenaire sans frontière donc. Et une manière de se souvenir qu’ « il n’y a pas que les files de voitures » qui unissent les deux communes, rappelait le maire d’Etrembières.

Deux pièces de théâtre seront également proposées les 29 mai et 4 juillet prochains, respectivement au Pas-de-l’Echelle et à Veyrier. Pour tous ceux qui souhaitent continuer à croquer l’histoire de leur contrée.

Photos : Cecilia Mason

 

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