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L’ailante glanduleux « envahit » Carouge !

Jardin à la rue Joseph-Girard 1. Route de Veyrier 2. Route de Veyrier 4. Passage des Tireurs-De-Sable 5. Parking de la Fontenette 9. Route de Veyrier 6. Stade de la Fontenette 7. Route de Veyrier 3. Passage des Tireurs-De-Sable 10. Passage des Tireurs-De-Sable 14. Rue Ancienne 12. Rue Joseph-Girard 13. Frêne Salle communale 15. Arrière cour rue de Veyrier 18. Les graines de l'ailanthus 16. Derrière le Centre Commercial Carouge 17. Jardin rue de Veyrier (frêne) 8. Route de Veyrier
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16. Derrière le Centre Commercial Carouge

L’objet de cet article s’apparente à une petite leçon de botanique aujourd’hui !

Peut-être que vous ne l’avez pas encore remarqué, mais chaque nouvelle année à la belle saison, des centaines de petits arbustes, si ce ne sont pas des milliers, envahissent Carouge et ses environs, notamment, car bien d’autres quartiers « subissent » le même phénomène. En regardant les photos ci-dessus, il se peut qu’un jour ou l’autre, vous les ayez pourtant aperçus au détour d’une ruelle, en bordure d’un jardinet et même le long d’une palissade de chantier ou d’un treillis.

Un coup de vent dans le feuillage d’une « plante mère » de l’ailanthus altissima (nom scientifique) en automne, et ce sont d’innombrables quantités de graines qui s’envolent tous azimuts ! Elles retombent alors partout et vont se loger dans les recoins les plus divers : angles de trottoirs, anfractuosités d’un mur ou d’un immeuble, plates-bandes, terrasses, toitures de garages ou même… gouttières ! Et si les conditions sont favorables – bien qu’elles se contentent de peu – celles-ci vont rapidement germer. On a constaté que la plante peut se développer de près d’un mètre déjà la première année, en présentant dès lors une tige bien vigoureuse et de longs rameaux.

Pour la petite histoire, il faut noter que cet arbre est natif au départ de la Chine et de Taïwan. Il est présent davantage dans la forêt tempérée que dans la forêt subtropicale d’Extrême-Orient. Il pousse vite et est capable d’atteindre des hauteurs de 15 mètres en 25 ans. Cependant, l’espèce a également une durée de vie courte et vit rarement plus de 50 ans.

On apprend par ailleurs que cet arbre était cultivé intensivement en Chine et à l’étranger comme plante-hôte pour le bombyx de l’ailante, un papillon de nuit utilisé pour la production de soie. En outre, l’ailanthus est parmi les arbres les plus tolérants à la pollution, supportant par exemple les vapeurs de dioxyde de soufre qu’il absorbe dans ses feuilles. Il résiste à la poussière de ciment et aux fumées provenant de l’utilisation du goudron et supporte assez bien l’exposition à l’ozone : il ne craint donc pas de s’épanouir à proximité d’un chantier, ce qui ne manque pas à Genève…. De plus, on a relevé des concentrations élevées en mercure dans les tissus de la plante.

Il a été introduit de Chine en Europe grâce à Chéron d’Incarville (un jésuite passionné de botanique) qui, en 1751, fit parvenir par caravane les premières graines de cet arbre en provenance de la région de Pékin jusqu’à Londres et Paris. En Europe et en Amérique, l’ailanthus altissima est rapidement devenu un arbre d’ornement apprécié, en particulier en bordure de rue, et en 1840 il était disponible dans la plupart des pépinières. C’est probablement de cette manière qu’il est arrivé en Suisse puis à… Carouge !

Dans nos régions, la plupart du temps, les jardiniers communaux ou des concierges d’immeubles les arrachent, car il est vrai que ces végétaux se développent très souvent dans des endroits incongrus. On en a vu émerger sur le ballast entre les rails de trains à la Praille, de même que sur la berme centrale de l’autoroute de contournement. Mais parfois ils poussent aussi le long d’une bande herbeuse dépourvue de plantation, et n’occasionneraient aucune gène s’ils croissent à cet endroit : c’est dommage qu’à ce moment-là on ne les laisse pas s’épanouir librement.

L’ailante glanduleux est en effet un arbre magnifique si l’on gère bien sa croissance : par ailleurs, il semble ne pas être attaqué par les parasites ou les maladies, comme c’est le cas de nos pauvres marronniers d’Inde, depuis plus d’une décennie. Vous avez sans doute observé que ces derniers passent aux couleurs de l’automne et perdent leurs feuilles en juillet déjà. Le coupable principal : cameraria ohridella, un petit papillon dont la chenille ravageuse est appelée « mineuse » ou « teigne minière du marronnier ». Presque toute l’Europe occidentale en est aujourd’hui affectée.

L’ailante plus robuste, peut en outre offrir une ombre et une fraîcheur bienvenues à une terrasse de restaurant ou à l’étal d’un épicier. Cela est d’autant plus appréciable à l’heure où les canicules estivales, comme celles qu’on a connues récemment, deviennent toujours plus fréquentes au fil des ans.

Néanmoins, il faut prendre garde que d’une souche mal extraite du sol peut repartir un rejet très vigoureux, c’est ce que j’ai remarqué à plusieurs endroits en me baladant dans Carouge. Il peut en effet poursuivre son existence grâce à son pouvoir drageonnant particulièrement développé : comme une parade à l’intervention de la main de l’homme, la nature et la vie tentent alors de reprendre leurs droits !

A la route de Veyrier, un ailante a cependant été intelligemment préservé, après avoir poussé spontanément dans une petite plate-bande plantée de rosiers : en quelques années seulement, il a atteint une hauteur qui lui confère une fière allure, tout en donnant un peu plus de prestige à une barre d’immeubles pas très attrayante. S’il a été épargné de l’arrachage, ses branches inférieures ont toutefois été élaguées pour qu’il ne gène pas le passage des piétons et pour lui attribuer une silhouette harmonieuse.

Une autre essence est aussi visible à Carouge, celle du frêne qui aurait également tendance à essaimer mais d’une manière moins virulente. D’ailleurs son feuillage ressemble un peu à celui de l’ailante, car la disposition des folioles est pennée de la même façon (insérées de part et d’autre du pétiole comme les barbes d’une plume). Le frêne est aussi très résistant aux conditions urbaines : on en a observé se développant dans plusieurs arrière-cours, mais aussi dans des bacs à fleurs ou autres jardinières. Là aussi il s’agit certainement de l’œuvre de graines transportées au gré des courants d’air ou de la bise automnale.

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Photo du profil de Jean-Pierre TAUXE
Décorateur de premier métier ; une expérience d'une année dans les coulisses du Cirque Knie pour écrire un premier livre ; formation d'éducateur sport et loisirs pour personnes en situation de handicap ou en difficulté d’adaptation, puis de maître socio-professionnel à l'EESP de Lausanne.

Il reprend plus tard la responsabilité de l'Atelier d'Animation à l’Hôpital Beau-Séjour. En août 2013, il partait en préretraite après 23 ans de "bons et loyaux services". L’Atelier qu'il animait, cher aux patients hospitalisés qui bénéficiaient ainsi d'instants de loisirs et de moments de répit bénéfiques à leur moral, a été maintenu à 50% durant une année après son départ. Menacé de fermeture à cause de "projets institutionnels" et mesures d'économies aux HUG, ce centre a pourtant disparu en juillet 2014, avec le départ du second animateur à temps partiel. Les premiers articles de cette rubrique (numérotés) abordent le sujet.

Jean-Pierre Tauxe a alors publié un autre ouvrage, qui retrace ses deux décennies à la tête de l'espace de loisirs de Beau-Séjour : rétrospective d'événements exceptionnels, organisations socioculturelles originales, récits et anecdotes et également nombre de témoignages de patients.

Ce livre peut être commandé en laissant les cordonnées sur le site http://jean-pierretauxe.wixsite.com/atelierdanimation, rubrique en bas de page "Plus d'Info".

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