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Une dynastie de maraîchers à la pointe de la technologie

Une dynastie de maraîchers à la pointe de la technologie

Etablis à Charrot depuis 5 générations, les Blondin sont maraîchers depuis presque autant de temps. En 2000 à Perly-Certoux, les frères Bernard et Michel Blondin se sont lancés dans la culture de tomates hors sol. Si Bernard, maraîcher à Charrot, connaissait  parfaitement le travail de la terre, son frère, mécanicien de formation, apportait un regard de technicien à l’entreprise. Le fils de Michel Blondin, Jérémy, les a rejoint en 2009 et contribue depuis à faire évoluer l’entreprise maraîchère. Chef de culture, il possède à la fois les compétences de son père et celles de son oncle et gère à 27 ans, en vrai chef d’entreprise, l’ensemble des serres. Rencontre avec l’oncle et le neveu et visite de serres à tomates très high-tech.

Des serres high-tech où volent les bourdons

Lorsqu’on pénètre dans les serres de Perly, deux choses surprennent : d’une part, le ronronnement des bourdons qui s’activent pour polliniser les fleurs et d’autre part, le caractère hautement technologique de ces cultures. Effectivement, des chariots motorisés et montés sur vérins hydrauliques – pour atteindre les plus hautes feuilles de tomates – en passant par les écrans à disposition des employés pour gérer leur travail, sans parler des trains automatisés pour le transport des cageots, ces cultures ont définitivement pris le tournant du XXIème siècle.

Comme l’expliquent l’oncle et le neveu, l’important pour que la culture porte ses fruits, c’est d’assurer des conditions de bien-être optimales aux plants de tomates. C’est surtout là que la technologie entre en jeu. Systèmes de chauffage et de gestion de l’humidité, ventilation, arrosage, drainage, alimentation des plantes, mais également gestion du personnel et du travail fourni, tout est informatisé, surveillé et ausculté afin d’obtenir de beaux fruits.

La tomate : une plante fragile à surveiller de près

Chez les Blondins, la culture de la tomate commence dès janvier. Les plantes, productives déjà en mars-avril, donneront des tomates que l’on retrouvera sur bon nombre d’étalages genevois jusqu’au mois de décembre. Selon Bernard Blondin, lorsqu’on plante des tomates en hiver, il faut investir dans le chauffage pour s’assurer une belle plante qui produira généreusement. La tomate étant très sensible aux brusques changements de température, il faut gérer très attentivement les conditions climatiques des serres en hiver comme en été. Sur son smartphone, Jeremy Blondin suit en continu les températures, le taux d’humidité et de CO2 dans les serres. Il peut également connaître la température des plantes ou la position des écrans thermiques qui recouvrent les serres. En cas de problème, il est immédiatement informé par une alarme. Il peut alors réagir rapidement et éviter de mettre les plantations en danger. En quelques clics sur l’ordinateur, il pourra régler la majorité des problèmes et relancer le système. Les installations – explique-t-il – peuvent être pilotées à 99% à distance.

Une culture classique mais sensible aux questions écologiques

Attentif à une gestion aussi propre et écologique que possible, ils recyclent au maximum les matières premières nécessaires à la culture des tomates. Ainsi la fibre de coco servant de support aux plants peut servir ensuite de terreau. L’eau d’arrosage est drainée, filtrée et finalement réutilisée dans les plantations ainsi que l’engrais récupéré lors du filtrage.

Ils utilisent également une approche biologique pour la lutte contre les ravageurs. Pour prévenir la prolifération de parasites, ils insèrent dés le début des cultures des larves d’un minuscule insecte au nom étonnant de Macro dont la particularité est de se nourrir des ravageurs.

Les Blondins ont par ailleurs choisi un système de chauffage au gaz qui leur permet de récupérer le gaz carbonique dans les fumées et de l’utiliser pour la photosynthèse des plantes. Ils verraient d’ailleurs d’un très bon œil l’implantation dans les environs d’une centrale à couplage chaleur-force qui leur permettrait de réduire leur empreinte écologique. En attendant, ils planchent sur une prochaine serre avec extracteur d’air dont le rôle sera d’éliminer l’air humide tout en récupérant sa chaleur – une nouvelle étape dans la réduction de leur consommation d’énergie fossile.

 

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Photo du profil de Anne Pastori Pastori
Anne est aux premières loges pour assister au développement fulgurant de sa commune de Plan-les-Ouates. Elle s’intéresse particulièrement à «ce mélange fascinant entre la campagne et l’évolution urbaine qui fait apparaître de nouvelles problématiques.» Experte en communication et réseaux sociaux, passionnée par le graphisme, elle réside et participe à la vie publique de Plan-les-Ouates depuis près de quinze ans.

3 commentaires

  1. Modèle de production très intéressant car très novateur.
    Toutefois, comme l’ont relevé d’autres lecteurs, dommage que ces tomates soient calibré pour la grande distribution genre Migros ou Coop, ce qui donne des fruits à l’apparence de faux-fruits en plastique, à la peau très dure, sans saveur et sans chair digne de ce nom. Je suis sûr que les Blondin ne mangent pas leur propre production. Ceci dit, ils se sont adaptés au marché, ce qui est déjà remarquable, surtout dans un secteur aussi compétitif. A quand de variétés anciennes produites de cette manière ?

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  2. Et le goût dans tout ça ? Pour ma part, je préfère les tomates de mon jardin, issus de variétés rares, plutôt que ces grappes dégeu de la Migros que l’on voit sur les étals même en plein hiver…

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  3. Je comprends mieux pourquoi les tomates n’ont plus aucun goût…

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