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La vieille gare des Eaux-Vives tire sa révérence…

La vieille gare des Eaux-Vives tire sa révérence…

Fermée au trafic ferroviaire depuis 2011, il faut profiter d’admirer cette silhouette familière à l’allure rétro, quelque peu décatie mais encore jolie sous ses nombreux tags, que l’on aurait voulu imprimer dans le quartier, telle une ancienne carte postale. Oui, bientôt s’en ira la gare « provisoire » des Eaux-Vives, vénérable vieille dame de 128 ans qui a surmonté courageusement les outrages du temps. Elle est remplacée par celle de Jean Nouvel, déjà bien avancée avec ses briques de verre « pixélisées » et lumineuses. Résolument plus moderne et multi-fonctionnelle, cette dernière répond aux exigences actuelles puisque, dorénavant, les gares sont dévolues autant à la pratique du shopping qu’à celle de prendre un train…

Les prémices des deux gares de Genève
Les projets de voir Genève en tant que nœud ferroviaire entre la Suisse, la France et le Royaume de Sardaigne (Piémont et Savoie) sont discutés par le gouvernement depuis 1841.Topographiquement, la ville représente un cas particulièrement difficile : outre ses fortifications, qui sont aussi importantes que la ville elle-même (!), elle est entourée d’un lac, de deux cours d’eau et de collines imposantes (Petit Saconnex et Bois-de-la Bâtie entre autres) rendant sa réalisation compliquée.
Le Conseil d’Etat crée une commission d’étude afin de déterminer l’intérêt économique d’être relié à la France et déclarera finalement « Si du point de vue moral un chemin de fer n’est guère désirable à Genève, au point de vue matériel, il s’impose ».
Après avoir enfin démoli ses fortifications, grâce à la révolution fazyste, Genève choisit le site de Cornavin pour faire siffler le train en provenance de Lyon et de Lausanne dès 1858.
Les discussions reprennent alors de plus belle pour relier la gare de Cornavin à la rive gauche en direction du Chablais savoyard en contournant le centre ville. Comme il se doit, divers projets (15 en tout !) sont présentés. Afin de satisfaire les partisans des deux principales propositions – ceux pour une liaison Cornavin-Carouge-Vollandes-Annemasse et Rive-Vollandes-Annemasse – étant particulièrement virulents, le Conseil d’Etat, consensuel, propose en1884, la construction d’une gare traversière « provisoire en bois, économique et facilement démontable » aux Vollandes, en guise de terminus temporaire et qui pouvait aisément supposer la poursuite d’un raccordement en direction de Rive ou de Cornavin… Quatre ans plus tard, la ligne à voie unique Eaux-Vives-Annemasse, assurée par la compagnie privée du Genève-Annemasse (GA), est inaugurée. La gare des Eaux-Vives, nommée dans un premier temps « gare des Vollandes » – depuis le 17ème siècle en effet, le terrain appartenait à la famille Volland  dont le domaine sera coupé en deux pour la construction du chemin de fer en 1885 – devient la porte d’entrée des trains français depuis la Haute-Savoie, pour du trafic marchandises essentiellement, toutefois sans raccordement ni avec Rive (projet écarté au fil des ans), ni avec Cornavin (projet CEVA réactualisé dans les années 2000). La signalisation et les rames sont françaises et circuleront pendant 123 ans. Succédant à la vapeur et au diesel, l’électrification est réalisée en 1986 avec un couplage de deux automotrices que les utilisateurs continueront à surnommer affectueusement « la Micheline ».

Souvenirs de buffet
Dans les années 1940, la gare des Eaux-Vives – avec celle du Bouveret – constituaient les seuls points d’accès avec la zone libre. De nombreux résistants transiteront par cette ligne et seront cachés dans la cave du Buffet avant de rejoindre leurs réseaux.
Ce fameux Buffet de la Gare justement, construit pour l’Exposition nationale en 1896, est tenu dans les années 1970 par Charly Landolt et ravive quelques souvenirs de ses riverains, en particulier ceux du tenancier de l’excellent restaurant du Café des Voyageurs situé en face de la gare, Monsieur Jean-Luc Leroux : « Je me souviens très bien de cette époque ! Le père de Charly, d’origine normande, était marin au long cours et racontait à son fils ses découvertes culinaires. C’est grâce à lui que Genève a gouté aux premiers plats exotiques tels que le Nasi Goreng, le curry de riz à l’indienne mais aussi la sole normande et sa fameuse omelette norvégienne… J’étais même là quand le buffet a brulé en 1996. » Plus tard, c’est Serge Labrosse qui fera du Buffet de la Gare des Eaux-Vives l’une des meilleures tables de Genève, ornée d’une étoile au Michelin en 2002.
« Lorsque j’ai repris le Café des Voyageurs il y a plus de trente ans, poursuit Monsieur Leroux, on m’a rapporté qu’un hangar pourvu de crochets situé non loin de là, servait à suspendre les vélos des Genevois qui prenaient le train pour aller recontruire la France après la seconde guerre mondiale. Ce sont eux finalement les premiers frontaliers ! »

Un réseau ferroviaire pour le tour du lac d’ici 2024
Mise en service en 1886, la ligne dite du « Tonkin » reliait Saint-Maurice aux Eaux-Vives en passant par Evian-les-Bains. Ce nom oriental faisait référence à la géologie particulière de cette région du Viêt-Nam actuel, alors colonie française, qui rappelait à ses constructeurs celle rencontrée là-bas lors de travaux ferroviaires. Le Tonkin a été fermé au trafic voyageurs en 1938 déjà, puis à celui des marchandises en 1988, et, définitivement en 1998, quand la France neutralisa les voies entre Evian et Saint-Gingolph (F) en raison de son mauvais état. Après le CEVA, il s’agit maintenant du vrai maillon manquant, long de 17,8 kilomètres, qui devrait relier le Léman Express au RER Valais via la rive sud du lac, afin de désengorger le nord lémanique ; projet remis officiellement sur les rails fin 2014…

Démolition de la gare prévue entre le 21 novembre et le 23 décembre 2016 pour la réalisation d’un nouveau bâtiment CFF-Immobilier.

 

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Photo du profil de Nathaly De Morawitz-Schorpp
Grâce à Signé Genève, Nathaly a le privilège de partager ses multiples passions: chemin de fer ou histoire genevoise, rencontres avec les gens de son quartier ou échanges avec des artistes, aussi divers soient-ils. Guide culturelle et du chantier du CEVA, elle aime particulièrement faire découvrir les multiples facettes de Genève sous un angle original et insolite (www.geneve-en-balade.ch). Quand elle n'est pas à Carouge, sa ville de coeur dont elle connaît tous les recoins, Nathaly participe à l'organisation de voyages culturels et gourmands en Italie au sein de l'association INSOLitalia.





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