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Sandrine Bersier, retour à la vigne

Sandrine Bersier, vigneronne, avec son 1er millésime. Photo ©Mathias Deshusses Sandrine, entourée de son papa Philippe et de sa maman Christine. Photo ©Mathias Deshusses Les trois premiers cépages: Chasselas, Chardonnay et Gamay. Photo ©Mathias Deshusses Dégustation au caveau du Domaine. Photo ©Mathias Deshusses Photo ©Mathias Deshusses
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Sandrine, entourée de son papa Philippe et de sa maman Christine. Photo ©Mathias Deshusses

Vous connaissez le Domaine de la Roche, dont le vin est issu de vignes cultivées sur la commune de Dardagny depuis… 1859 ? Non ? C’est normal, il est né en 2018, sous l’impulsion de Sandrine Bersier, une enfant de Dardagny désireuse de reprendre l’exploitation familiale. Car auparavant, et depuis des décennies, le raisin récolté était directement revendu à une coopérative, qui s’occupait elle-même de sa vinification et de sa commercialisation. Aujourd’hui, après une formation pour devenir exploitante et une année complète de dur labeur à la vigne et en cave, elle peut présenter, non sans une certaine fierté, son 1er millésime.

Pourtant, ce destin était loin d’être tracé d’avance. Aujourd’hui âgée de 35 ans, cette jeune et dynamique vigneronne a les yeux qui pétillent lorsqu’elle raconte son parcours et ce qui l’a ramenée au vin, sur la terre de ses ancêtres. Car à la base, celle qui est titulaire d’un bachelor en psychologie, a travaillé durant près de 10 ans dans les Ressources Humaines. « Après une belle expérience dans le secteur aéroportuaire, j’ai eu l’opportunité de rejoindre des amis, Nathalie et Lionel Dugerdil, au Clos du Château, un domaine situé à Choully. Il s’agissait de s’occuper de tâches administratives, ou d’organiser des évènements, entre autres. » Mais très vite, se replonger dans le monde viticole ravive son amour de la vigne, et fait naître un projet un peu fou : reprendre le domaine familial pour assurer la continuité à travers les générations.

« Pour moi, cela a été comme une évidence. Je suis convaincue que les choses n’arrivent pas par hasard. J’ai grandi dans cet univers, et mon expérience auprès de Lionel et Nathalie m’a convaincu de me lancer dans cette aventure ! » Ces amis indéfectibles lui apportent un soutien et une aide précieuse : « Je vinifie mon vin sur leur domaine, mais dans mes propres cuves, et mes propres barriques. Cela me permet de bénéficier de leur infrastructure, mais surtout de leurs conseils et de leur expérience. » Une reconversion radicale, pour un métier totalement nouveau, donc. « Pas un, mais plusieurs ! J’apprends en même temps à être viticultrice, encaveuse, ou encore œnologue. Je dois faire du marketing, concevoir une identité et développer mes relations commerciales. C’est intense, mais très formateur. » Heureusement, Sandrine peut compter sur le soutien sans faille de sa famille. « Mon mari et mes deux enfants sont à 200% derrière moi. »

Sur la carte de commande, seuls trois vins cohabitent pour le moment. Un chasselas (qui vient de remporter une belle médaille d’argent à la Sélection des Vins de Genève 2019), un chardonnay et un gamay. « Il faut savoir commencer par le début », explique avec humilité la vigneronne. « Mais un gamaret va intégrer la gamme cet automne. Et en 2020, ils seront rejoints par un pinot noir, et un sauvignon blanc », complète-t-elle avec entrain. Au total, 7500 bouteilles ont été produites pour ce premier millésime, dont l’origine parcellaire est mentionnée sur chacune des étiquettes, dans un souci de transparence et de traçabilité.

Et qu’en pense son papa ? A 61 ans, Philippe Bersier est un fin connaisseur de l’histoire de son village. Mais il est surtout très fier de sa fille. « On se posait vraiment la question de la transmission du domaine », explique-t-il. « Alors de savoir que notre travail durant toutes ces années ne sera pas vain, parce que Sandrine reprend les rênes, c’est un immense soulagement », continue-t-il, avant de déboucher une bouteille de ce fameux millésime de chasselas, le 1er issu de son propre raisin. « C’est une grande émotion de pouvoir enfin boire le vin de notre terre, après toutes ces années », glisse-t-il, en échangeant un regard complice avec sa fille.

A l’heure de la dégustation, et sans pouvoir user d’un vocabulaire aussi précis que celui d’un œnologue, on peut cependant dire que ce chasselas 2018 est une franche réussite. Peu carbonique et au bouquet fleuri, il fait preuve d’un équilibre et d’une rondeur remarquables. Prometteur, ce petit domaine niché au cœur du village de Dardagny est à découvrir avec plaisir et… sans modération.

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