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Les peintres genevois: Pierre-Louis De La Rive

Les peintres genevois: Pierre-Louis De La Rive

Vous avez découvert ce cher Saint-Ours dans l’article précédent, peintre illustre, élève du glorieux Vien et collègue du célèbre David. Cette fois-ci nous allons discuter d’un autre grand nom dont vous avez probablement déjà entendu parler: De La Rive. Est-ce que cela vous dit quelque chose ? Nous sommes presque sûrs que oui, et si non, il est temps de remédier à cela.

Pierre-Louis De La Rive est né à Genève le 21 octobre 1753, c’est-à-dire environ un an après Saint-Ours. Son père exigea de lui qu’il poursuive assidûment ses études. Pourtant, après une année passée à étudier le droit, il désira se consacrer à la peinture. Ce qu’il fit. Ainsi son loisir devint son choix de vie.

On raconte généralement que De La Rive avait un esprit fin et méthodique. Fait rare dans le milieu: il nous a laissé un catalogue de ses œuvres contenant toutes dimensions, dates, jugements et descriptions utiles. De plus, il nous a également légué une petite notice biographique le concernant. Il s’agit là d’un geste fort appréciable pour les historiens de l’art.

Voilà ce que De La Rive nous dit à son sujet: «J’ai toujours été un homme très ordinaire malgré l’amour-propre qui fait que nous nous considérons en beau. Je crois me rendre justice en déclarant que je n’ai reçu de la nature que très peu de talent pour l’art que j’exerce, et que ce n’est qu’à force de travail et de peine que je suis parvenu à produire quelques tableaux et quelques dessins qui ont paru faire plaisir à des gens que l’amitié avait prévenu et ma faveur.»

Conseillé par l’un de ses premiers professeurs, le Chevalier de Fassin, il copia pendant de nombreuses années les tableaux de grands maîtres tels que Berchem et Ruysdael. Même lorsqu’il se rendit à Mannheim et à Dresde, il continua de s’entraîner ainsi. Puis, le directeur de l’Académie, Casanova, parvint à le convaincre de composer ses propres toiles. Enfin, De La Rive n’était plus un simple perroquet mais laissait son talent s’affranchir des œuvres des autres. Il peigna notamment de nobles paysages en y intégrant des figurines et autres animaux.

Il retourna à Genève en 1779 mais repartit rapidement en voyage: à Dresde, Rome, Venise, Bologne et Naples, où il découvre les œuvres de nombreux artistes italiens. Il revient d’Italie enrichit des idées classiques. Forcément, à son retour, il peignit bien souvent des sites italianisants.

En 1787, il retourna deux ans à Genève et peignit de nombreux tableaux. Il fit aussi de nombreuses excursions à travers la Suisse pour faire des études de paysages. Sans avoir mis de côté la production de paysages italiens, De La Rive s’intéressa toutefois longuement aux paysages suisses ou savoyards. On peut dès lors catégoriser avec une certaine simplification ses diverses œuvres : certaines sont idéalisées, d’autres sont relativement exactes et d’autres sont composées. Malgré les diverses études de paysages qu’il a faites, la grande majorité de ses tableaux sont des œuvres d’ateliers, c’est-à-dire qu’elles ne sont pas fait in vivo, il les a composé selon ses propres motivations et ses propres techniques. D’une certaine façon, il a voulu peindre une nature plus belle que la réalité, et clairement, sa notion de la beauté est certes agréable, mais de loin pas originale à cette époque.

En 1797, il s’installa définitivement à Genève malgré quelques autres petites excursions ainsi qu’un voyage à Paris. Il continua de peindre des paysages à sa façon. Il mourut en 1817.

De La Rive a-t-il donc été un peintre talentueux ? On ne peut pas dire qu’il ait été un mauvais peintre. Mais on ne peut pas non plus dire qu’il ait été un génie révolutionnaire. Peut-être a-t-il été un peintre de valeur relativement moyenne dans la mesure où ses tableaux ne sont point dénués de charmes et il semblerait qu’il s’est amélioré tout au long de sa vie.

Il resterait tant à ajouter pour lui faire correctement honneur. Mais comme vous pouvez l’imaginer, le plus grand honneur qu’on peut lui rendre est d’aller mirer ses œuvres au musée d’art et d’histoire de Genève !

 

Précédents articles:

Les peintres genevois: Jean-Pierre Saint-Ours

Jean Huber, dit «Huber-Voltaire»

Jean-Etienne Liotard, dit «le peintre turc»

 

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